A/RES/80/223
Situation relative aux droits humains dans les territoires ukrainiens
temporairement occupés, y compris la République autonome de
Crimée et la ville de Sébastopol
contexte d’une attaque généralisée et systématique contre les populations menée dans
le cadre d’une politique d’État coordonnée,
Gravement préoccupée en outre par les informations selon lesquelles les
autorités russes continuent à refuser de fournir aux familles des victimes de
disparition forcée et autres personnes portées disparues, des prisonniers de guerre et
des détenus civils des renseignements sur le sort des intéressés et le lieu où ils se
trouvent, ce qui empêche que justice soit rendue aux victimes et à leur famille et
notamment que celles‑ci aient accès à la vérité, à des réparations et à des garanties de
non-répétition,
Profondément préoccupée par les restrictions auxquelles se heurtent les
Ukrainiens, notamment les peuples autochtones de Crimée – en particulier les Tatars
de Crimée –, dans l’exercice de leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux
et culturels, y compris le droit au travail et à l’éducation, ainsi que dans leur capacité
à préserver leur identité et leur culture et dans l’accès à un enseignement en ukrainien
et en tatare de Crimée,
Condamnant les destructions causées au patrimoine culturel et naturel, les
fouilles archéologiques et le transfert de biens culturels effectués en toute illégalité,
la discrimination à l’égard de personnes appartenant à des minorités religieuses et la
répression des traditions religieuses dont il a été fait état, qui amenuisent la culture
des Ukrainiens et des Tatars de Crimée dans le paysage ethnoculturel des territoires
ukrainiens temporairement occupés,
Préoccupée par l’intensification de la militarisation des territoires ukrainiens
temporairement occupés et l’assimilation des jeunes vivant dans ces territoires par la
Fédération de Russie, notamment au moyen de l’entraînement au combat dispensé
aux enfants et aux jeunes afin de les préparer à servir dans les forces armées russes et
de la mise en place du système d’éducation « militaro-patriotique », et par le fait que
celle-ci bloque l’accès à l’enseignement ukrainien,
Condamnant l’incitation à la haine contre l’Ukraine, les Ukrainiens et les Tatars
de Crimée ainsi que la diffusion de fausses informations visant à justifier la guerre
d’agression menée par la Fédération de Russie contre l’Ukraine, y compris par le biais
du système éducatif et de politiques visant les jeunes,
Gravement préoccupée par les politiques et les pratiques de la Fédération de
Russie mentionnées ci‑dessus, qui représentent une menace constante et ont poussé
un grand nombre d’Ukrainiens à quitter les territoires ukrainiens temporairement
occupés,
Rappelant que les transferts forcés, en masse ou individuels, les déportations de
personnes protégées hors du territoire occupé dans le territoire de la Puissance
occupante ou dans celui de tout autre État, occupé ou non, et le transfert par la
Puissance occupante d’une partie de sa propre population civile dans le territoire
qu’elle occupe, sont interdits par le droit international humanitaire et peuvent
constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité,
Gravement préoccupée par des témoignages concordants selon lesquels la
Fédération de Russie encourage des politiques et se livre à des pratiques qui visent à
altérer la structure démographique des territoires ukrainiens temporairement occupés,
y compris leur composition ethnique,
Préoccupée par les effets néfastes sur la jouissance pleine et effective, par les
résidents des territoires ukrainiens temporairement occupés, de leurs droits humains
qu’ont les activités perturbatrices de la Puissance occupante, notamment
l’expropriation de terres et de bâtiments résidentiels, la démolition de maisons et
l’épuisement et l’acquisition de ressources naturelles et agricoles,
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