A/RES/52/137
Page 2
Prenant note de la résolution 1997/64 de la Commission des droits de l'homme en date du 16 avril
19974, dans laquelle la Commission a décidé de proroger d'un an le mandat du Rapporteur spécial chargé
d'examiner la situation des droits de l'homme au Myanmar,
Notant avec préoccupation que le Gouvernement du Myanmar n'a toujours pas autorisé la visite du
Rapporteur spécial,
Gravement préoccupée par le fait que le Gouvernement du Myanmar n'a pas encore fait suivre d'effets
les assurances qu'il avait données de prendre toutes les mesures nécessaires en vue d'instaurer la démocratie
sur la base des résultats des élections de 1990,
Gravement préoccupée également par les restrictions imposées à Aung San Suu Kyi et à d'autres
dirigeants politiques, notamment en matière de déplacement, par les arrestations et le harcèlement persistants
de membres et de partisans de la Ligue nationale pour la démocratie, de syndicalistes et d'étudiants qui
avaient pacifiquement exercé leurs droits à la liberté d'expression, de réunion et d'association, par les
démissions forcées de représentants élus et par le fait que tous les établissements d'enseignement supérieur
ont été fermés pendant longtemps après les manifestations d'étudiants de décembre 1996,
Rappelant que des membres de la Ligue nationale pour la démocratie se sont retirés de la Convention
nationale fin 1995 et qu'ils en ont ensuite été exclus,
Se félicitant des contacts établis entre le Gouvernement du Myanmar et les partis politiques, en
particulier la Ligue nationale pour la démocratie, mais regrettant que le gouvernement n'ait pas engagé de
dialogue politique de fond avec Aung San Suu Kyi et d'autres dirigeants politiques, y compris des
représentants de groupes ethniques,
Gravement préoccupée par les violations persistantes des droits de l'homme au Myanmar signalées par
le Rapporteur spécial, en particulier les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, l'assassinat de
civils, la pratique de la torture, les arrestations et détentions arbitraires, les morts en détention, l'absence de
garanties d'une procédure régulière, notamment le fait que des détenus sont jugés en secret, sans être assistés
par un conseil juridique, les graves restrictions imposées aux libertés d'opinion, d'expression, de réunion et
d'association, les violations de la liberté de circulation, les réinstallations forcées, le travail forcé des enfants
et des adultes, notamment comme porteurs pour l'armée, les mauvais traitements infligés à des femmes et des
enfants par des agents du gouvernement, et l'imposition de mesures répressives visant en particulier les
minorités ethniques et religieuses,
Rappelant que le Rapporteur spécial a constaté que le non-respect des droits associés à un gouvernement
démocratique était la source de toutes les violations majeures des droits de l'homme au Myanmar,
Rappelant également que des accords de cessez-le-feu ont été conclus entre le Gouvernement du
Myanmar et plusieurs groupes ethniques,
Notant que la situation des droits de l'homme au Myanmar a provoqué un afflux de réfugiés dans les
pays voisins, mettant ces derniers en difficulté,
1. Remercie le Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme chargé d'examiner la
situation des droits de l'homme au Myanmar de son rapport intérimaire5, et prie instamment le Gouvernement
du Myanmar de coopérer pleinement avec lui et de lui assurer l'accès au Myanmar, sans conditions
préalables, pour lui permettre de s'acquitter pleinement de son mandat;
4
Ibid., 1997, Supplément no 3 (E/1997/23), chap. II, sect. A.
5
A/52/484, annexe..
/...