E/CN.6/2024/L.3
10. La Commission souligne l’importance des normes pertinentes de l’Organisation
internationale du Travail (OIT) concernant le droit au travail des femmes et leurs
droits en tant que travailleuses. Elle rappelle le programme pour un travail décent de
l’OIT ainsi que la Déclaration de l’Organisation relative aux principes et droits
fondamentaux au travail et souligne qu’il importe de veiller à leur application
effective.
11. La Commission est consciente que les progrès en matière d’égalité des genres
et d’avancement de toutes les femmes et de toutes les filles et la pleine réalisation de
leurs droits humains ont pris du retard en raison de la persistance de la pauvreté. Elle
note qu’il est établi dans le Programme d’action de Beijing que la pauvreté des
femmes et des filles est directement liée, entre autres, au manque de perspectives et
d’autonomie économiques, au fait qu’elles n’ont accès ni aux ressources économiques
– crédit, propriété foncière et succession – ni à une éducation de qualité et aux
services d’appui, et qu’elles participent très peu aux prises de décisions, notamment
en raison de défaillances systématiques pouvant conduire à l’exclusion et à la
discrimination.
12. La Commission a conscience que les formes multiples et croisées de
discrimination et de marginalisation entravent la réalisation de l’égalité des genres et
l’avancement de toutes les femmes et de toutes les filles dans le contexte de la lutte
contre la pauvreté, du renforcement des institutions et d’un financement tenant
compte des questions de genre. Elle respecte et apprécie la diversité des situations et
des conditions que connaissent les femmes et les filles et sait que certaines d’entre
elles font face à des obstacles particuliers qui les empêchent de réaliser pleinement
leur potentiel. Elle souligne que, si toutes les femmes et toutes les filles ont les mêmes
droits humains, leurs besoins et leurs priorités peuvent varier en fonction du contexte
et nécessiter des réponses adaptées.
13. La Commission constate avec préoccupation que l’élimination de la pauvreté
sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions, notamment de l’extrême
pauvreté, constitue le plus grand défi auquel l’humanité doit faire face et que la
féminisation de la pauvreté persiste. Elle note que l’élimination de la pauvreté sous
toutes ses formes et dans toutes ses dimensions est une condition indispensable au
développement durable, à la justice sociale, à l’égalité des genres et à l’avancement
de toutes les femmes et de toutes les filles et à la réalisation de leurs droits humains,
et estime qu’il importe de prendre des mesures positives, notamment sous la forme
de politiques et de partenariats, aux niveaux local, national, régional et international,
pour remédier aux inégalités qui existent à l’intérieur des pays et entre eux en matière
de répartition des services, des ressources et des infrastructures et d’accès à ceux -ci,
ainsi que d’accès à la nourriture, à l’eau, à la santé, à une éducation de qualité, à la
formation et à des possibilités d’emploi et de travail décent dans les zones urbaines,
rurales, reculées ou maritimes, ainsi que dans d’autres établissements humain s, afin
de briser le cycle de la pauvreté et de la vulnérabilité intergénérationnelles.
14. La Commission constate avec une profonde préoccupation que les femmes et
les filles sont plus exposées au risque de pauvreté et connaissent des taux de pauvreté
plus élevés que les hommes et les garçons, et que l’écart de pauvreté entre les genres
devrait persister. Elle note qu’à l’heure actuelle, 10,3 % des femmes vivent dans
l’extrême pauvreté et que, si la tendance actuelle se poursuit, 8 % des femmes dans
le monde (soit 342 millions) devraient vivre avec moins de 2,15 dollars par jour en
2030, la plupart en Afrique subsaharienne. Elle note également avec préoccupation
que les femmes et les filles qui vivent dans la pauvreté subissent des privation s
multiples et cumulées, qui sont renforcées par d’autres dimensions des inégalités,
notamment liées à la race, à la couleur, au genre, à l’âge, à la langue, à la religion,
aux opinions politiques ou autres, à l’origine nationale ou sociale, à la propriété , à la
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