A/HRC/RES/51/27
Profondément préoccupé par la situation humanitaire, qui continue de se détériorer
sous les effets conjugués du conflit et de la sécheresse, ce qui met en danger la vie d’un
nombre croissant de personnes, et par l’accès suffisant des secours humanitaires,
Profondément troublé par le fait que le Front populaire de libération du Tigré s’est
emparé de camions-citernes stationnés dans un entrepôt du Programme alimentaire mondial
(PAM) à Mekele, dans la région du Tigré, le 24 août, et condamnant tout détournement des
biens humanitaires,
Appelant à une cessation immédiate des hostilités, à un accès humanitaire sans
entrave, à l’ouverture de pourparlers de paix sans conditions préalables, au rétablissement
des services dans le Tigré, notamment l’électricité, les communications et les services
bancaires, et à la levée des restrictions sur l’argent liquide, le carburant et les engrais,
Profondément préoccupé par le renouvellement de la présence de soldats érythréens
au Tigré, et demandant leur retrait immédiat et complet,
Exhortant toutes les parties à respecter le droit international des droits de l’homme, le
droit international humanitaire et le droit international des réfugiés, en particulier les règles
régissant la conduite des hostilités et le recrutement forcé,
Saluant de nouveau le rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de
l’homme et de la Commission éthiopienne des droits de l’homme, en date du 3 novembre
2021, concernant leur enquête conjointe sur les violations du droit international des droits de
l’homme, les atteintes à ce droit et les violations du droit international humanitaire et du droit
international des réfugiés qui auraient été commises par toutes les parties au conflit dans la
région éthiopienne du Tigré,
Rappelant la conclusion du rapport selon laquelle il existe des motifs raisonnables de
croire que des violations du droit international des droits de l’homme, des atteintes à ce droit
et des violations du droit international humanitaire et du droit international des réfugiés ont
été commises par toutes les parties au conflit, certaines de ces violations et atteintes pouvant,
selon les circonstances, constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité,
Accueillant avec satisfaction le rapport initial de la Commission internationale
d’experts des droits de l’homme sur l’Éthiopie et les recommandations qui y figurent1,
Consterné par les informations persistantes selon lesquelles des civils et des biens
civils sont pris délibérément pour cible et des attaques aveugles font des victimes civiles,
ainsi que par les informations selon lesquelles la famine est utilisée comme méthode de
guerre, ce qui dénote un mépris flagrant pour la vie et la dignité humaines,
Profondément préoccupé par les rapports qui continuent de faire état d’un grand
nombre d’homicides illégaux et d’exécutions extrajudiciaires, notamment liés à
l’appartenance ethnique, d’actes de torture et d’autres peines ou traitements cruels, inhumains
ou dégradants, de détentions arbitraires, d’enlèvements et de disparitions forcées et de
nombreux cas de pillage, de saccage et de destruction de biens publics et privés et de biens
indispensables à la survie de la population civile, ainsi que par les informations concernant
un grand nombre d’actes de violence sexuelle et de violence fondée sur le genre en lien avec
le conflit, y compris des viols, des sévices sexuels et l’esclavage sexuel, visant principalement
des femmes et des filles mais aussi des hommes et des garçons,
Profondément préoccupé également par les informations relatives à des violations des
droits reconnus aux réfugiés et aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays par
le droit international, au déplacement forcé de civils lié en grande partie à leur appartenance
ethnique, ainsi qu’aux restrictions à l’accès à l’aide humanitaire et aux meurtres de
travailleurs humanitaires, qui peuvent constituer des violations du droit international
humanitaire et nécessitent une enquête plus approfondie,
Constatant que le Secrétaire général, dans son rapport sur les enfants et les conflits
armés2, a inscrit l’Éthiopie sur la liste des pays dans lesquels la situation est préoccupante,
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A/76/871-S/2022/493.
GE.22-16498