A/79/245 I. Introduction 1. Dans sa résolution 78/187, l’Assemblée générale a prié la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la question des enfants et des conflits armés de continuer à lui présenter, ainsi qu’au Conseil des droits de l’homme, des rapports sur les activités entreprises en application de son mandat, notamment sur les progrès réalisés et les obstacles restant à surmonter dans le cadre de l ’action menée en faveur des enfants touchés par les conflits armés. Cette demande se fondait sur le mandat énoncé dans la résolution 51/77, dans laquelle l’Assemblée avait notamment recommandé que le Représentant spécial fasse prendre davantage conscience de la dramatique condition des enfants touchés par les conflits armés, incite à recueillir des éléments d’information sur cette situation et œuvre pour l’établissement d’une coopération internationale qui permette de faire respecter les droits des enfants. 2. Conformément au mandat susmentionné, et comme l’a demandé l’Assemblée générale dans sa résolution 78/187, la Représentante spéciale rend compte dans le présent rapport des tendances actuelles concernant les enfants touchés par les conflits armés et donne un aperçu des problèmes et difficultés qui se font jour. Elle y décrit également le dialogue engagé avec les parties à des conflits pour faire cesser et prévenir les violations graves, ainsi que les démarches menées auprès de toute une série d’intervenants pour continuer de sensibiliser la communauté internationale et catalyser l’action dans ce domaine. Elle souligne par ailleurs qu’il est important d’investir dans la question des enfants et des conflits armés et de maintenir un niveau de ressources adéquat dans le contexte actuel en lien avec le financement et la réduction des opérations de paix des Nations Unies. II. Tendances, nouveaux problèmes et difficultés constatés à l’échelle mondiale A. Violations graves : état de la situation 3. L’augmentation choquante de 21 % du nombre des violations graves entre 2022 et 2023 s’explique par l’évolution de la nature des conflits armés, leur complexité, leur expansion et leur intensification ; par l’utilisation d’armes explosives dans des zones peuplées ; par les attaques délibérées ou aveugles contre les civils et les biens de caractère civil, y compris les infrastructures ; par l’apparition de nouveaux groupes armés, ainsi que par des urgences humanitaires graves ; et par un mépris flagrant pour le droit international humanitaire et le droit international des droits humains. En 2023, l’Organisation des Nations Unies a confirmé que 32 990 violations graves avaient été commises contre des enfants, dont 2 285 s’étaient produites plus tôt mais n’ont pu être vérifiées qu’en 2023. Au total, 22 557 enfants (15 847 garçons, 6 252 filles et 458 enfants de sexe inconnu) ont été victimes ou ont réchappé d ’au moins une des quatre violations graves visant les enfants à titre individuel, à savoir le recrutement et l’utilisation, le meurtre ou l’atteinte à l’intégrité physique, le viol et d’autres formes de violence sexuelle, et l’enlèvement. Le nombre d’enfants qui ont été victimes de violations multiples (2 684) a augmenté. C’est en Israël et dans le Territoire palestinien occupé, en République démocratique du Congo, au Myanmar, au Nigéria, en Somalie et au Soudan que le nombre d’enfants touchés a été le plus important. 4. Les meurtres et les atteintes à l’intégrité physique ainsi que le recrutement et l’utilisation d’enfants, suivis par les refus d’accès à l’aide humanitaire et les enlèvements, sont restés les violations les plus fréquemment constatées en 2023. Au total, 11 649 enfants, dont près de 30 % de filles, ont été tués ou grièvement blessés par des parties au conflit, un nombre sans précédent, ce qui fait de ces attaques la 2/19 24-13760

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