A/HRC/RES/57/36
Exprimant sa vive inquiétude face au prolongement de la crise humanitaire qui a
contraint plus de 7,7 millions de personnes à quitter la République bolivarienne du
Venezuela, et face aux plus de 7,6 millions de personnes à l’intérieur du pays qui continuent
d’avoir besoin d’une aide humanitaire en raison de la crise politique et économique actuelle,
Conscient qu’il est nécessaire d’exclure les obstacles incompatibles avec le droit
international, notamment avec la Charte des Nations Unies, lesquels aggravent les problèmes
existants et compromettent l’exercice des droits de l’homme et l’apport de l’aide humanitaire,
Se félicitant des efforts considérables que les pays voisins et d’autres pays, en particulier
dans la région, déploient sans relâche pour accueillir des migrants, des réfugiés et des
demandeurs d’asile vénézuéliens, notamment par l’élaboration et l’application de programmes
d’intégration des Vénézuéliens dans les communautés d’accueil afin de promouvoir et de
protéger leurs droits fondamentaux, et de l’aide humanitaire que fournissent l’Organisation des
Nations Unies, des organisations humanitaires et des pays partenaires, y compris par différents
moyens de coordination tels que le Processus de Quito, la Plateforme de coordination
interinstitutions pour les réfugiés et les migrants du Venezuela, et les conférences internationales
de solidarité avec les réfugiés et les migrants vénézuéliens et leurs pays et communautés
d’accueil, affirmant qu’il est nécessaire de renforcer la coopération internationale avec les pays
d’accueil et de transit des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile vénézuéliens, et
engageant les pays d’accueil à continuer de combattre le racisme, la discrimination raciale, la
xénophobie et l’intolérance qui y est associée dont ces personnes font l’objet,
Alarmé par la persistance d’informations concernant l’aggravation des violations des
droits de l’homme et des atteintes à ces droits et les restrictions croissantes de l’espace
civique et démocratique, en particulier dans le contexte de l’élection présidentielle,
notamment les privations arbitraires de la vie, le grand nombre de détentions arbitraires, dont
certaines pourraient s’apparenter à des disparitions forcées, l’usage disproportionné de la
force par les forces de l’ordre et des individus armés connus sous le nom de « colectivos »,
les actes d’intimidation, les attaques, les actes de harcèlement, les représailles, y compris par
l’annulation de passeports, et les cas de diffamation publique à l’égard de dirigeants de
l’opposition, de manifestants pacifiques, de journalistes et autres professionnels des médias,
d’avocats, de défenseurs des droits de l’homme, de personnes ayant pris part au processus
électoral, y compris en tant qu’observateurs électoraux, de personnes autochtones et d’autres
acteurs de la société civile,
Profondément préoccupé par toutes les violations des droits de l’homme et toutes les
atteintes à ces droits commises à l’encontre de personnes qui exercent leurs droits de l’homme
et leurs libertés fondamentales sur Internet, et alarmé par les informations concernant la
fermeture d’organes d’information, la surveillance, le blocage et la fermeture de sites web et
de plateformes numériques,
Se déclarant profondément préoccupé par les récentes informations concernant la
détention d’enfants et d’adolescents, qui ont été accusés des mêmes crimes graves que des
adultes et n’ont pas été accompagnés par leurs parents ou tuteurs pendant la procédure judiciaire,
et rappelant les éléments énoncés par le Comité des droits de l’enfant dans son observation
générale no 24 (2019) sur les droits de l’enfant dans le système de justice pour enfants,
Regrettant vivement la décision de la République bolivarienne du Venezuela de
suspendre les activités et la présence du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de
l’homme dans le pays, qui ne respecte pas le mémorandum d’accord confidentiel signé par
le Haut-Commissariat et la République bolivarienne du Venezuela, comme l’a fait observer
le Haut-Commissaire dans le compte rendu oral qu’il lui a présenté le 7 juillet 2024,
Notant avec satisfaction l’établissement d’un bureau du Procureur de la Cour pénale
internationale en République bolivarienne du Venezuela et la reprise de l’enquête du
Procureur au titre de l’article 18 (par. 2) du Statut de Rome de la Cour pénale internationale,
Affirmant sa ferme conviction qu’il ne peut y avoir qu’une solution pacifique et
démocratique à la crise que connaît actuellement la République bolivarienne du Venezuela
et qu’il appartient au peuple vénézuélien de parvenir à une telle solution, sans aucune
ingérence de forces militaires ou de sécurité ou de services de renseignement étrangers, et
soutenant l’action diplomatique menée dans ce sens,
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GE.24-18720