A/HRC/39/69
existant entre le français et le créole. Mme Petrus-Barry a fait observer qu’en France les
personnes d’ascendance africaine étaient sous-représentées dans l’appareil judiciaire. En
Guadeloupe, les acteurs de la société civile avaient protesté et demandé au Gouvernement
d’instaurer des quotas dans les médias afin d’assurer une représentation égale de toutes les
appartenances raciales, mais en vain. Mme Petrus-Barry a signalé que les personnes
d’ascendance africaine étaient souvent cantonnées dans le secteur privé et occupaient des
emplois peu rémunérés et subalternes plutôt que des postes plus élevés dans le secteur
public. Le représentant du Brésil a souligné que des mesures de discrimination positive
devaient être adoptées et soutenues en vue de garantir aux personnes d’ascendance africaine
égalité et représentation, et il a décrit leur mise en œuvre au Brésil. Il a demandé qu’une
place soit faite au principe des mesures de discrimination positive dans le projet de
déclaration des Nations Unies sur la promotion et le plein respect des droits de l’homme
des personnes d’ascendance africaine.
32.
Un représentant d’une ONG a parlé de l’absence de mesures visant à contrer les
pratiques de la police fondées sur des préjugés. Un autre représentant de la société civile a
appuyé la recommandation du Groupe de travail sur la nécessité d’adopter une législation
complète interdisant le profilage racial et de surveiller la situation s’agissant du profilage
racial et du traitement des minorités par les forces de l’ordre. Des représentants de la
société civile ont mentionné les conditions de détention des personnes d’ascendance
africaine, vu leur surreprésentation dans la population carcérale. Un représentant de la
société civile a demandé à tous les États Membres de mettre en œuvre la Décennie
internationale des personnes d’ascendance africaine, notant que, même si les débats étaient
axés sur des initiatives mondiales, les États devaient s’acquitter de leurs obligations au
niveau national.
33.
La troisième réunion-débat a été consacré au thème « Les droits fonciers des
personnes d’ascendance africaine ». Dans son exposé, M. Reid a expliqué la raison pour
laquelle les droits fonciers devaient être la pierre angulaire du projet de déclaration des
Nations Unies sur la promotion et le plein respect des droits de l’homme des personnes
d’ascendance africaine. Les effets à long terme de la politique d’exclusion empêchant les
personnes d’ascendance africaine de posséder des terres se manifestaient aujourd’hui.
M. Reid a illustré son propos par l’exemple des esclavagistes britanniques, qui avaient
touché des indemnités jusqu’à une date récente, alors que les esclaves et leurs descendants
s’étaient retrouvés sans terre dans les Caraïbes. La situation avait été similaire en Amérique
du Nord après l’émancipation. Se référant à certains pays d’Amérique latine, M. Reid a
indiqué que l’expansion des activités minières et pétrolières y avait entraîné l’expropriation
de propriétaires terriens et suscité des conflits entre les peuples autochtones, les personnes
d’ascendance africaine et d’autres parties prenantes. M. Reid a conclu son exposé en
recommandant aux États Membres d’envisager sérieusement, dans la mesure du possible,
d’adopter une loi sur les droits ancestraux des personnes d’ascendance africaine. Il a en
outre recommandé aux États Membres de garantir la reconnaissance et la démarcation des
terres appartenant aux personnes d’ascendance africaine et l’attribution des titres de
propriété correspondants afin de régler toutes les questions en suspens relatives aux
revendications territoriales au sein des communautés historiquement noires. Les États
Membres devaient lever les obstacles administratifs empêchant les personnes d’ascendance
africaine d’exprimer leur aspiration légitime à la propriété de leurs terres.
34.
Le deuxième intervenant, Kimani Nehusi, professeur associé d’africologie et d’études
afro-américaines à la Temple University (États-Unis), a souligné que l’ignorance était le
principal facteur qui contribuait à perpétuer la violence structurelle envers les personnes
d’ascendance africaine. Il a fait un bref historique pour illustrer la longue relation entre les
Africains et la terre depuis le début de la civilisation, soulignant que les personnes
d’ascendance africaine entretenaient des liens spirituels, religieux, administratifs et culturels
avec la terre. La colonisation avait dépossédé de leurs terres les personnes d’ascendance
africaine et les avait de surcroît privées de la rémunération de leur travail. M. Nehusi a
demandé au Groupe de travail d’aider les personnes d’ascendance africaine à recouvrer leurs
terres ancestrales. Les Africains devaient être représentés à tous les échelons de la société
pour trouver des solutions aux problèmes fonciers. Enfin, M. Nehusi a recommandé que la
culture et l’histoire africaines figurent dans les programmes de formation et d’enseignement
et que les terres confisquées pendant la colonisation soient restituées.
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GE.18-13434
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