A/HRC/39/69 anti-Noirs. Il a appelé la communauté des droits de l’homme tout entière, y compris le Groupe de travail, à redoubler d’efforts pour remédier aux politiques discriminatoires à caractère structurel et institutionnel. 25. Au cours du dialogue, M. Gumedze a demandé aux experts invités comment les États pouvaient lutter contre les idéologies extrémistes et la violence visant les personnes d’ascendance africaine s’ils ne disposaient pas de données ventilées par race ou ethnie. M. Sunga a admis qu’il était effectivement difficile de faire face à ce phénomène sans disposer de données pertinentes. M. Frans a estimé que la meilleure option était d’exhorter les États à comptabiliser les personnes vivant sur leur territoire sur la base d’une autoidentification volontaire et a proposé d’élaborer une application permettant de recenser les infractions racistes et les inégalités de traitement auxquelles étaient confrontées les personnes d’ascendance africaine. M. Gumedze voulait en outre savoir comment faire face à l’extrémisme violent dans le sport, ainsi que durant les campagnes électorales, qui étaient souvent ponctuées de discours haineux visant à gagner des voix. M. Frans considérait que le Groupe de travail pouvait collaborer davantage avec les fédérations sportives. Il a encouragé la société civile à combattre activement la tolérance croissante à l’égard des discours haineux en période électorale. M. Balcerzak a constaté que le climat de tolérance à l’égard de ces discours était le fond du problème et qu’il fallait adopter des lois pour incriminer et réprimer les crimes de haine. M. Reid a fait valoir que pour les États un moyen de combattre le racisme institutionnel et violent consistait à mettre en œuvre la Déclaration et le Programme d’action de Durban ainsi que le programme d’activités relatif à la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, en privilégiant l’enseignement de l’histoire africaine et l’apport des personnes d’ascendance africaine. 26. Un représentant d’une ONG a souligné qu’il était important de chercher la source du racisme alimentant la notion de suprémacisme blanc. Un autre représentant d’organisation de la société civile s’est déclarée très préoccupée par la montée des actes d’hostilité envers les minorités raciales, ethniques et religieuses, ainsi que par la prolifération de groupes violents animés par la haine et a demandé au Groupe de travail d’encourager les États Membres, dans les termes les plus forts, à faire répondre de leurs actes les groupes et individus violents animés par la haine, à honorer les obligations de non-refoulement et à veiller à ce que les politiques nationales en matière d’immigration et de répression n’établissent pas de discrimination fondée sur la race, l’origine nationale ou toute autre situation. M. Balcerzak a précisé que le Groupe de travail abordait régulièrement ces préoccupations dans le cadre de sa procédure de présentation de communications. Un autre représentant de la société civile a dit que le profilage racial était porteur de brutalités policières et d’autres violations de droits. La propension des forces de police à interpeller et fouiller davantage proportionnellement les personnes d’ascendance africaine que les autres pouvait aussi entraîner des placements en détention assimilables à des actes de torture. M. Frans a développé ce point plus avant et souligné que le profilage racial était une forme de violence raciale. M. Gumedze a noté que lors des missions d’établissement des faits menées dans les pays par le Groupe de travail, les rencontres avec des agents de police et des fonctionnaires d’organes administratifs avaient permis d’observer la nette sous-représentation dans leurs rangs des personnes d’ascendance africaine, raison pour laquelle ces personnes n’étaient pas enclines à signaler les violations de leurs droits. Il a dit que le Groupe de travail continuerait d’encourager le recrutement de personnes d’ascendance africaine dans ces organes afin de mieux s’attaquer aux problèmes que posaient le profilage racial. 27. La deuxième réunion-débat a été consacré au thème « Administration de la justice : violences policières, prisons et responsabilité ». M. Gumedze a fait un exposé sur le sujet et expliqué que la montée de la violence envers les personnes d’ascendance africaine se poursuivait du fait que les intervenants dans l’administration de la justice étaient dépourvus de la volonté de mettre en œuvre les principes internationaux relatifs aux droits de l’homme. M. Gumedze a rappelé les conclusions formulées par le Groupe de travail à l’issue des visites d’établissement des faits sur les violences policières qu’il avait effectuées dans plusieurs pays, où des actes de violence policière, notamment le meurtre de personnes non armées d’ascendance africaine, avaient été perpétrés en toute impunité. Il s’est en outre dit préoccupé par la surreprésentation des personnes d’ascendance africaine dans le système pénitentiaire et les longues périodes de détention avant jugement. Le profilage racial des 8 GE.18-13434

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