A/74/274 représentations ont été prises pour argent comptant, assimilées, et transmises et légitimées de façon continue dans la culture populaire et les écrits d ’éminents universitaires. 36. Les représentations erronées se manifestent également dans des traditions culturelles qui appuient la colonisation et la traite des esclaves africains. Le livre d’images de Ramin Ganeshram A Birthday Cake for George Washington, qui relate l’histoire d’Hercules, le chef cuisinier de l’ancien président, et de sa fille Delia, tous deux esclaves de George Washington, constitue un exemple récent de la nature persistante des stéréotypes 30. Le portait qui est fait d’Hercules dans le livre rappelle la caricature primitive du sambo heureux, l’esclave docile qui se contente de son statut. 37. Les esclaves africains n’ont jamais été satisfaits de leur statut. Tout au long de leur asservissement, ils se sont battus contre la superstructure raciste qui cherchait à justifier l’exploitation des corps noirs. Le stéréotype du sambo, comme tous les stéréotypes, n’a pas pour objet de décrire la vérité. Dans son nouveau roman historique Never Caught: the Washingtons’ Relentless Pursuit of Their Runaway Slave, Ona Judge, Erica Dunbar Armstrong relate l’histoire d’Ona Judge, une esclave de George Washington qui prit la fuite et passa le restant de ses jours en cavale. Ce récit suggère que les esclaves de l’homme que l’on considère comme l’un des pères fondateurs des États-Unis d’Amérique vivaient une tout autre réalité que celle transmise par les représentations stéréotypées populaires 31. 38. La représentation des Africains et de leurs descendants en tant que serviteurs et esclaves est ancrée dans l’histoire de l’esclavage et du colonialisme. Elle continue de sévir et se manifeste notamment dans le personnage folklorique de père Fouettard (Zwarte Piet), une représentation visuelle très inconvenante des Afri cains et des personnes d’ascendance africaine. 39. La Saint-Nicolas (Sinterklass) est une tradition culturelle importante aux PaysBas et en Belgique. Le rôle du Père Fouettard (Zwarte Piet) est presque toujours interprété par un homme ou une femme de couleur blanche, grimé en Noir avec de grandes lèvres rouges, portant une perruque bouclée, un pantalon aux couleurs vives, une grande collerette et des boucles d’oreilles en or. Cette tradition repose sur une caricature désuète et insultante de l’esclave noir. Le Père Fouettard (Zwarte Piet) est ainsi une expression du racisme et de la discrimination liés à l ’esclavage, qui caricature l’image et le comportement des Africains et des personnes d ’ascendance africaine et n’est pas sans rappeler le blackface et les minstrel shows d’autrefois. Cette représentation renforce en outre les rapports de pouvoir inégaux entre les personnages du Père Fouettard (Zwarte Piet) et de Saint-Nicolas (Sinterklaas). Le Groupe de travail est tout à fait conscient qu’une grande partie de la population ne se rend peutêtre pas compte que la tradition du père Fouettard ( Zwarte Piet) ravive chaque année des stéréotypes racistes issus de la colonisation et de l’esclavage à l’égard des personnes d’ascendance africaine et peut blesser certains membres de la société néerlandaise. À son avis, il s’agit là d’un symptôme du déni de l’existence du racisme et des pratiques racistes et d’une compréhension erronée de l’histoire. 40. Rien ne saurait justifier le blackface. Cette pratique est imprégnée de siècles de racisme. Elle a été utilisée et continue d’être utilisée pour dénigrer les personnes d’ascendance africaine. Comme l’a énoncé l’historien David Leonard, le recours au blackface « permet à une société de s’imaginer régulièrement que les Afro-américains __________________ 30 31 19-13272 Ramin Ganeshram, A Birthday Cake for George Washington, Scholastic Press, 2016. Erica Dunbar Armstrong, Never Caught: the Washingtons’ Relentless Pursuit of Their Runaway Slave, Ona Judge, 37 Ink, 2017. 13/25

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