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III. Conclusions et recommandations
76. En définitive, la perpétuation, la tolérance et la validation des préjugés raciaux
par le biais de stéréotypes négatifs ancrés dans la vie quotidienne portent atteinte aux
droits de l’homme des personnes d’ascendance africaine. La capacité de ces dernières
à jouir de leurs droits fondamentaux est considérablement entravée par des préjugés
raciaux fondés sur de fausses croyances qui entachent la prise de décisions. Les
préjugés raciaux ont une incidence si généralisée sur l’exercice des droits de l’homme
que les personnes d’ascendance africaine de différents pays se retrouvent confrontées
à des difficultés similaires. Cela donne à penser qu’une des causes sous-jacentes de
ce phénomène est la suprématie blanche, ou une construction de la blanchité qui
repose sur des stéréotypes négatifs toxiques visant les personnes d ’ascendance
africaine, afin de préserver la valeur de la race blanche et d’offrir moins de
possibilités et de droits aux personnes d’ascendance africaine. La déshumanisation
des personnes d’ascendance africaine s’est insinuée dans la société, permettant ainsi
de neutraliser, voire même de justifier, les conséquences et l ’iniquité des inégalités et
des disparités raciales bien établies.
77. Pour garantir le respect, la protection et la réalisation des droits de l ’homme des
personnes d’ascendance africaine, il convient de comprendre et de reconnaître que les
stéréotypes raciaux et les représentations stéréotypées associés aux personnes noires
ont des conséquences néfastes à long terme sur la jouissance des droits de la personne,
ainsi que de déconstruire les stéréotypes raciaux négatifs et les représentations
erronées, en faisant évoluer le discours et en combattant le racisme qui se reflète
toujours dans les décisions, politiques et pratiques qui régissent le fonctionnement
même de notre société.
Recommandations
78. Au vu des manifestations actuelles du racisme, de la discrimination raciale,
de l’afrophobie, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée, le Groupe
de travail d’experts sur les personnes d’ascendance africaine engage les États à :
a)
Rejeter et condamner de manière claire et incontestable les propos et
crimes haineux racistes visant les personnes d’ascendance africaine, où qu’ils se
produisent ;
b)
Prendre des mesures pour empêcher toute diffusion d’idées prônant
la supériorité ou l’infériorité d’une race ou tentant de justifier la violence, la
haine ou la discrimination à l’égard des personnes d’ascendance africaine ;
c)
Prendre des mesures énergiques pour combattre toute tendance à
viser, stigmatiser, stéréotyper ou caractériser par leur profil les personnes
d’ascendance africaine sur la base de la race de la part des agents des forces de
l’ordre, des responsables politiques et des éducateurs ;
d)
Prendre des mesures strictes contre toute incitation à la discrimination
ou à la violence à l’égard des personnes d’ascendance africaine, y compris par le
biais d’Internet. Les États et la société civile devraient collaborer avec les médias
et les entreprises de communication pour promouvoir des images et des
représentations plus positives et moins exclusives des personnes d’ascendance
africaine afin d’accroître leur visibilité au sein de la société et de lutter contre les
stéréotypes négatifs et la discrimination qui en résulte ;
e)
Adopter des mesures visant à lutter contre la discrimination indirecte
à laquelle sont confrontés les enfants dans les systèmes éducatifs en éliminant les
stéréotypes et les images négatives souvent utilisés dans les matériels
pédagogiques, en veillant à ce que l’histoire et la culture des personnes
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