A/RES/70/130
Violence à l’égard des travailleuses migrantes
Sachant qu’il faut d’urgence lutter contre la traite des personnes sous toutes
ses formes, notamment à des fins de travail forcé ou obligatoire, en particulier
lorsqu’il touche les travailleuses migrantes, et prenant note à ce t égard de l’adoption
par la Conférence internationale du Travail, le 11 juin 2014, à sa cent troisième
session, du Protocole relatif à la Convention de 1930 sur le travail forcé (n o 29) et
de la Recommandation n o 203 sur des mesures complémentaires en vue de la
suppression effective du travail forcé,
Consciente que les femmes, à tous les niveaux de compétence, sont de plus en
plus nombreuses parmi les migrants internationaux, en grande partie pour des
raisons socioéconomiques, et considérant que de ce fait toutes les politiques et
initiatives ayant trait aux migrations internationales devraient tenir davantage
compte de la problématique hommes-femmes,
Consciente également que la demande de travailleuses migrantes dans le
secteur de l’aide à la personne semble être en augmentation dans les pays dont
l’incapacité à répondre à la demande de soins et à offrir des services publics a accru
la demande de services de soins à la personne, en particulier dans la sphère privée,
et que certains migrants travaillant dans le secteur non structuré des soins, en
particulier des femmes, voient régulièrement leurs droits fondamentaux gravement
bafoués en raison du caractère invisible de leur lieu de travail, même si beaucoup
bénéficient des possibilités économiques offertes par le secteur des soins,
Consciente en outre que toutes les parties concernées, en particulier les pays
d’origine, de transit et de destination, les organisations régionales et internationales
compétentes, le secteur privé et la société civile ont un rôle à jouer et une
responsabilité à assumer dans l’instauration, par des mesures ciblées, d’un
environnement propice à la prévention et à la répression de la violence exercée
contre les travailleuses migrantes, notamment par la discrimination, et ont le devo ir
de coopérer à cette fin, et considérant à cet égard qu’il importe d’adopter aux
niveaux national, bilatéral, régional et international des démarches et des stratégies
communes fondées sur la collaboration,
Consciente que les travailleuses migrantes peuvent contribuer à une croissance
et à un développement humain plus équitables, partagés et durables compte tenu des
avantages économiques et sociaux que leur travail procure aux pays d’origine et de
destination, et soulignant la valeur et la dignité de leur travail, y compris celui des
employées de maison et des aides à domicile,
Consciente également de la vulnérabilité et des besoins particuliers des
femmes et de leurs enfants à tous les stades du processus de migration, de la
décision de migrer au retour et à la réintégration dans leur pays d’origine, en passant
par le transit, l’exercice d’un emploi dans le secteur structuré ou non structuré et
l’intégration dans la société d’accueil,
Profondément préoccupée de constater que l’on continue de signaler des cas de
sévices et de violences graves dirigés contre les femmes et les filles migrantes,
notamment des violences sexistes, sexuelles, domestiques ou familiales, des actes
racistes et xénophobes, des actes de discrimination, des pratiques abusives en
matière de travail, des conditions de travail relevant de l’exploitation et des formes
contemporaines d’esclavage, y compris toutes les formes de travail forcé et la traite
de personnes,
Sachant que l’exploitation des migrants, y compris des femmes, par le travail
s’explique par les pratiques peu scrupuleuses de certains intermédiaires et agences
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