A/HRC/RES/43/28
5.
Déplore l’escalade de la violence dans le nord-ouest du pays et condamne
fermement les attaques des autorités syriennes et de leurs alliés étatiques et non étatiques
contre des civils et des infrastructures civiles dans la province d’Edleb et les régions
avoisinantes, où la violence, notamment les frappes aériennes, a causé la mort de plus d’un
millier de civils, dont des agents de premiers secours, depuis le début de décembre 2019, et
des dommages dévastateurs aux infrastructures civiles, y compris les structures sanitaires,
éducatives et humanitaires, ainsi que les réservoirs d’eau, les marchés, les camps de
personnes déplacées et les convois de civils cherchant à fuir cette violence, notant que cela
a également provoqué le déplacement forcé de près d’un million de personnes depuis le
début de décembre 2019 et que près de 3 millions de personnes, dont la moitié sont des
enfants, dépendent de l’aide humanitaire ;
6.
Exprime son extrême préoccupation face aux déplacements forcés massifs
causés par la violence dans le nord-ouest de la République arabe syrienne et à la difficulté
pour les personnes déplacées à l’intérieur du pays d’accéder aux services essentiels, tels que
la nourriture et le logement, et d’exercer pleinement leurs droits humains, y compris le droit
à l’éducation pour les enfants, demande instamment aux États membres de verser les
contributions nécessaires pour répondre intégralement aux appels de fonds spécifiques de
l’Organisation des Nations Unies à cet égard ;
7.
Exhorte toutes les parties concernées, les signataires du mémorandum sur la
stabilisation de la situation dans la zone de désescalade d’Edleb du 17 septembre 2018, et
en particulier les autorités syriennes et leurs alliés étatiques et non étatiques, à respecter et à
faire respecter immédiatement le cessez-le-feu à Edleb afin d’éviter de nouveaux morts et
blessés parmi les civils, et à faciliter la fourniture d’une aide humanitaire rapide,
immédiate, sans entrave, durable et sûre à ceux qui en ont besoin ;
8.
Condamne fermement toutes les violations du droit international des droits de
l’homme et les atteintes à ce droit ainsi que toutes les violations du droit international
humanitaire commises par toutes les parties au conflit, y compris les violations des droits
de l’homme et les atteintes à ces droits qui revêtent un caractère persistant, systématique,
généralisé et flagrant, et toutes les violations du droit international humanitaire commises
par le régime syrien et les acteurs étatiques et non étatiques qui lui sont affiliés, dont les
combattants terroristes étrangers et les organisations étrangères qui se battent au nom des
autorités syriennes, et constate avec une profonde inquiétude que leur implication ne fait
qu’aggraver la situation en République arabe syrienne, notamment la situation des droits de
l’homme et la situation humanitaire, ce qui a de graves conséquences pour la région ;
9.
Condamne également fermement toutes les attaques visant la population
civile et les biens de caractère civil, tels que les écoles, les camps de personnes déplacées,
les unités médicales, le personnel médical, les patients et les transports sanitaires, ainsi que
le personnel participant à l’aide humanitaire, en violation du droit humanitaire international,
et rappelle la responsabilité de protéger la population civile qui incombe au premier chef
aux autorités syriennes ;
10.
Demande la cessation immédiate des attaques visant les premiers secours et
les établissements médicaux, qui sont régulièrement mis hors service, privant les civils et
les personnes hors de combat de soins médicaux immédiats permettant de sauver des vies,
notamment d’un appui en matière de santé mentale et d’un accompagnement psychosocial,
et déplore les conséquences à long terme de telles attaques pour la population et les
systèmes de santé de la République arabe syrienne ;
11.
Accueille avec satisfaction le rapport de la Commission d’enquête des
Nations Unies chargée d’enquêter sur les attaques perpétrées contre des installations situées
dans la zone de désescalade du conflit et appuyées par l’ONU dans le nord-ouest de la
République arabe syrienne ;
12.
Demande instamment que toutes les parties au conflit respectent leurs
obligations respectives en vertu du droit international des droits de l’homme et du droit
international humanitaire, et que les autorités syriennes et leurs alliés étatiques et non
étatiques mettent immédiatement fin à l’emploi d’armes et de munitions proscrites, au
recours sans discernement à des armes lourdes dans des zones peuplées, des barils
d’explosifs, des bombardements aériens, des armes incendiaires, des missiles balistiques et
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GE.20-08499