A/72/275 nommer rapidement un tuteur qui sera chargé de veiller constamment à son intérêt. Comme l’ont noté les experts lors de la consultation, l’intérêt supérieur de l’enfant peut être compromis par la longueur des procédures, des vérifications inutiles concernant l’identité des tuteurs, et l’absence de normes claires et harmonisées sur le rôle et les responsabilités de ces derniers. Il est également compromis lorsque ceux-ci doivent s’occuper de plusieurs enfants à la fois. L’absence d’un système de suivi efficace et de procédures de dépôt de plaintes sûres a entravé le recensement des cas de violences et d’exploitation, ainsi que la mise en œuvre de mesures rapides et efficaces pour y remédier. 61. Les enfants ont le droit de grandir dans un environnement familial bienveillant et protecteur qui s’assure qu’ils reçoivent les soins nécessaires, et veille à leur développement et à leur bien-être. Lorsque des enfants sont forcés de quitter leur pays en quête de sécurité et de protection, il est particulièrement important de préserver un environnement familial. Les experts ont fortement recommandé de respecter l’unité familiale et d’assurer une protection spéciale en cas de séparation d’un enfant qui voyage avec sa famille, et de veiller à ce que toute demande de regroupement familial soit considérée dans un esprit positif, avec humanité et diligence, comme le requiert la Convention relative aux droits de l ’enfant. Dans ce domaine, la législation a grandement progressé en Amérique latine. Plusieurs pays de la région ont formellement reconnu le droit de tous les migrants, notamment des enfants, à la protection de la vie familiale, et dans certains cas, les autorités peuvent délivrer un visa humanitaire ou un permis de résident aux fins du regroupement familial. 62. Comme souligné dans la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants 11, les enfants en déplacement doivent rapidement être confiés à la charge des autorités nationales de protection de l’enfance plutôt qu’à celle des douaniers ou des responsables de la sécurité. Afin d’être efficaces, les systèmes de protection de l’enfance chargés des enfants en déplacement doivent être cohérents et disposer de ressources suffisantes, ainsi que de services de qualité et de personnel qualifié à même de véritablement s’entretenir et communiquer avec les enfants, de comprendre et de prévenir les risques auxquels ils font face, et de les aider à devenir résilients. Tout cela doit s’appuyer sur une collaboration interinstitutionnelle entre tous les services gouvernementaux concernés, ainsi qu’une coopération transfrontière et régionale, afin de promouvoir des solutions durables et une continuité des soins, tout en prévenant le risque que ces enfants ne redeviennent des victimes. 63. Les institutions nationales indépendantes qui défendent les droits de l’en fant jouent un rôle essentiel dans le suivi de la protection des enfants, fournissant des services de conseil confidentiels, signalant les cas de violence et agissant pour lutter contre l’impunité. Ces institutions se sont notamment inquiétées de la détent ion d’enfants migrants et demandeurs d’asile, qui sont parfois détenus dans des centres surpeuplés avec des adultes qui ne font pas partie de leur famille. Cette pratique accroît le risque de harcèlement et de violence, sans tenir compte de l’intérêt supérieur de l’enfant ou d’autres solutions de placement, notamment les familles d’accueil. 64. Il est impératif de regrouper les données et les éléments de preuve disponibles sur la situation des enfants en déplacement pour faciliter une prise de décision éclairée en matière de prévention de la violence et de lutte contre ce fléau. Il est également essentiel d’écouter les enfants. __________________ 11 17-13267 Résolution 71/1 de l’Assemblée générale. 11/20

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