Mariages d’enfants, mariages précoces et mariages forcés
A/RES/69/156
immédiate et l’élimination à terme de l’extrême pauvreté doivent demeurer l’une
des principales priorités de la communauté internationale,
Considérant que les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages
forcés constituent en eux-mêmes un obstacle au développement et contribuent à
perpétuer la pauvreté, et que ce risque est encore accru dans les situations de conflit
et de crise humanitaire,
Considérant également que les mariages d’enfants, les mariages précoces et
les mariages forcés sont intrinsèquement liés aux inégalités entre les sexes et aux
normes et stéréotypes sexistes qui sont profondément enracinés, ainsi qu’aux
pratiques, représentations et coutumes néfastes qui font obstacle à la pleine
jouissance des droits de l’homme, et que leur persistance fait courir aux enfants, en
particulier aux filles, le risque d’être exposés à diverses formes de discrimination et
de violence ou d’en être la cible tout au long de leur vie,
Considérant en outre que les mariages d’enfants, les mariages précoces et les
mariages forcés empêchent les femmes et les filles d’être autonomes et de prendre
des décisions touchant à tous les aspects de leur vie, qu’ils continuent de faire
obstacle à l’amélioration de leur condition sur les plans éducatif, économique et
social dans toutes les régions du monde, et que l’autonomisation des femmes et des
filles et les investissements en leur faveur sont essentiels à la croissance
économique, notamment à l’élimination de la pauvreté, ainsi qu’à une véritable
participation des filles à toutes les décisions qui les concernent,
Constatant avec préoccupation que les mariages d’enfants, les mariages
précoces et les mariages forcés touchent tout particulièrement les filles ayant peu
d’instruction, voire aucune, et que ces pratiques constituent en elles-mêmes un
obstacle de taille aux possibilités d’éducation pour les filles et les jeunes femmes,
en particulier pour celles qui sont contraintes de quitter l’école en raison de leur
mariage ou de la naissance d’un enfant, et sachant que les possibilités d’éducation
sont directement liées à l’autonomisation et à l’emploi des femmes et des filles et
aux débouchés économiques qui leur sont offerts, ainsi qu’à leur participation active
au développement économique, social et culturel, à la gouvernance et à la prise de
décisions,
Considérant que les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages
forcés font peser une grave menace sur de multiples aspects de la santé physique et
mentale des femmes et des filles, y compris mais pas uniquement leur santé sexuelle
et procréative, en augmentant sensiblement le risque de grossesses précoces,
fréquentes et non désirées, de mortalité et de morbidité maternelles et néonatales, de
fistule obstétrique et d’infections transmises sexuellement, dont le VIH/sida, et en
les exposant davantage à toutes les formes de violences, et que toutes les filles et les
femmes qui subissent ou risquent de subir ces pratiques doivent avoir accès sur un
pied d’égalité à des services de qualité en matière d’éducation, de conseil et de
logement et à d’autres services sociaux, ainsi qu’aux services de santé
psychologique, sexuelle et procréative et aux soins médicaux,
1.
Exhorte tous les États à adopter, à appliquer et à faire respecter des lois
et des politiques visant à prévenir les mariages d’enfants, les mariages précoces et
les mariages forcés et à y mettre un terme, et à protéger ceux qui y sont exposés, et à
veiller à ce que les mariages ne puissent être contractés qu’avec le consentement
libre, plein et éclairé des futurs époux ;
2.
Demande aux États d’élaborer et de mettre en œuvre, avec la
participation des parties prenantes concernées, y compris les filles, les dignitaires
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