A/79/151 opérations électorales. La violence et l’hostilité peuvent prendre la forme de meurtres, d’attaques physiques, de menaces, de violences sexuelles 36 ou d’animosité en ligne 37. Les personnes potentiellement candidates peuvent faire l’objet de discours haineux et de menaces de mort, voire être contraintes à l’exil 38. La condamnation timide des attaques commises contre des défenseurs et défenseuses des droits humains des personnes LGBT peut décourager la participation politique 39. Les difficultés et les occasions qui se présentent aux personnes LGBT varient notamment en fonction de la race, de la classe sociale, du genre, de l’orientation sexuelle, de la situation géographique et de l’état de santé, des facteurs qui influent à la fois sur la participation électorale de ces personnes et sur la manière dont les partis politiques peuvent solliciter leur participation 40. Il n’est pas rare que des responsables politiques sans scrupules usent d’une rhétorique hostile à l’égard des personnes LGBT pour tenter d’accroître leur popularité en flattant les préjugés et en suscitant davantage d’animosité 41. Les personnes LGBT servent ainsi de boucs émissaires pour les maux sociaux, politiques et économiques, ce qui provoque dans certains cas une « panique morale » et compromet donc leur pleine participation électorale dans des conditions d’égalité. La Cour constitutionnelle de la Colombie a pris les devants en exigeant des autorités qu’elles adoptent des mesures qui « accordent un traitement différencié visant à garantir la participation aux affaires publiques » des groupes de population vulnérables au moyen de mesures de mobilisation électorale répondant aux besoins de ces groupes, dans le but de « faciliter leur participation démocratique et de ne pas perpétuer l’isolement et la marginalité de groupes de population qui sont traditionnellement rendus invisibles » 42 . En Albanie, en 2020, l’État a pris des mesures pour empêcher l’utilisation de discours de haine pendant les campagnes électorales en ajoutant une référence explicite aux discours haineux dans la loi relative à la lutte contre la discrimination 43. 15. La violence et le harcèlement visant la vie publique et politique des femmes sont ancrés dans des normes de genre rigides. Les personnes et les groupes LGBT représentent, pour beaucoup, une « remise en cause supposée » de ces mêmes « normes établies en ce qui concerne l’identité de genre, les rôles traditionnellement dévolus aux deux sexes et la sexualité » 44, une menace supposée à laquelle est souvent opposée une résistance violente, parfois directement réclamée par les responsables politiques 45. Les discours appelant à l’animosité à l’égard des personnes LGBT en vue de l’obtention d’un soutien politique redoublent souvent d’intensité pendant les campagnes électorales 46. « En période de transition politique en particulier, lorsque les discours se font plus tranchés sur l’identité nationale, les stéréotypes sexistes peuvent prendre de l’ampleur » 47, ce qui entraîne une intensification de la violence et __________________ 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 8/29 Contribution de Caribe Afirmativo. Contribution d’Article 19: International Centre against Censorship. National Democratic Institute et International Republican Institute, Tunisia International Election Observation Mission: Final Report (2019). ReportOUT, « ʽNo room for you’: the right to political participation for SOGI communities in Kenya and Bangladesh » (2024). Jennifer Thorpe, Power and Participation: How LGBTIQ People Can Shape South African Politics (Le Cap, Afrique du Sud, 2018). Contribution de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), p. 3. Contribution de Caribe Afirmativo. Contribution de l’Albanie. A/HRC/23/50, par. 47. Contribution d’Article 19. A/HRC/20/28, par. 27, et contribution de Cameroonian Foundation for AIDS, p. 2 et 3. A/HRC/23/50, par. 72. 24-12964

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