A/79/151
de la discrimination à l’égard des femmes et des personnes LGBT au nom du maintien
de ces normes patriarcales.
IV. Droits de vote et d’éligibilité
16. Les questions de comportement sexuel privé qui sont considérées, en vertu du
droit international, comme relevant des droits humains à la vie privée et à la non discrimination 48 ne devraient pas servir à restreindre les droits de prendre part à la
direction des affaires publiques, ou à voter et être élu. L’exercice de ces droits par des
personnes remplissant les conditions pour être inscrites sur les listes électorales ou
pour présenter leur candidature « ne peut être suspendu ou supprimé que pour des
motifs consacrés par la loi, et qui soient raisonnables et objectifs » 49.
A.
Droit de vote
17. La révocation du droit de vote n’est aujourd’hui formellement imposée par la
loi que pour quelques motifs, qui varient selon les juridictions : âge, non-citoyenneté,
résidence à l’étranger et condamnation pour certains crimes. Certains de ces motifs,
par exemple les condamnations pénales injustes prononcées en vertu de lois
discriminatoires, touchent particulièrement et de manière disproportionnée les
personnes LGBT. En outre, la révocation du droit de vote est souvent le résultat
informel d’autres limitations, notamment de procédures d’identification restrictives
ou de modalités de vote qui ont une incidence disproportionnée sur les personnes
trans et non binaires 50. Dans le monde, 62 pays criminalisent les relations intimes
consensuelles entre personnes de même sexe. Dans ces pays, une condamnation
pénale pour ce type de relations entraîne une révocation automatique du droit de
vote 51. La révocation du droit de vote au motif d’une condamnation au pénal, en
particulier en raison de l’application discriminatoire du droit pénal aux relations
homosexuelles, aux rapports sexuels monnayés, aux relations sexuelles en dehors du
mariage, à l’identité de genre ou à l’expression sexuelle 52, est contraire aux principes
internationaux relatifs aux droits humains. Elle toucherait de manière
disproportionnée les personnes LGBT 53. La peur de la discrimination ressentie par
l’électorat LGBT, qui le dissuade de voter, touche de manière disproportionnée les
femmes issues de minorités raciales aux États-Unis 54.
18. La limitation du droit de vote fondée sur l’identité de genre la plus signalée est
liée aux difficultés auxquelles se heurtent les personnes qui cherchent à obtenir des
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24-12964
Voir CCPR/C/50/D/488/1992.
Comité des droits de l’homme, observation générale n o 25, par. 4.
Voir O’Neill et al., « The potential impact of voter identification laws » (voir note de bas de
page 5) ; Colombie, Registraduría Nacional del Estado Civil, « Protocolo de atención de las
personas trans » (2023) ; Abdul Qadir Sediqi et Storay Karimi, « Afghan women fear mandatory
poll photos could stop them from voting », Reuters, 25 septembre 2019.
Contribution du Centre for Human Rights de l’Université de Pretoria.
Voir CCPR/C/50/D/488/1992 ; Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des
femmes, recommandation générale n o 35 (2017) ; A/HRC/WG.11/39/1 ; Commission
internationale de juristes, « The 8 March Principles for a Human Rights-Based Approach to
Criminal Law Proscribing Conduct Associated with Sex, Reproduction, Drug Use, HIV,
Homelessness and Poverty » (Genève, 2023) ; Amnesty International, Body Politics: A Primer on
Criminalization of Sexuality and Reproduction (Londres, 2018).
Contribution de la Commission des droits de l’homme de Mexico, p. 3.
Contribution de Human Rights Campaign, p. 4. Voir également Courtney Avant, Banned from the
Ballot Box: The Impact of Felony Disenfranchisement Laws on LBTQ Women of Color
(Washington, Human Rights Campaign, 2020).
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