A/HRC/RES/46/19
Insistant sur la nécessité d’aider d’urgence les pays qui subissent de manière
disproportionnée les effets des changements climatiques et qui font face à la sécheresse, à des
fléaux, à la faim et à des menaces liées à la famine qui pourraient toucher des millions de
personnes, pour la plupart des femmes et des enfants,
Soulignant qu’il faut augmenter l’aide publique au développement consacrée à
l’agriculture, tant en valeur réelle qu’en pourcentage du total de l’aide publique au
développement, et conscient que les exploitations agricoles de petite taille et de taille
moyenne des pays en développement doivent bénéficier d’un appui en matière d’assistance
technique, de transfert de technologies et de renforcement des capacités,
Sachant qu’il importe de protéger, de préserver et d’utiliser durablement la
biodiversité agricole afin de garantir la sécurité alimentaire et le droit à l’alimentation
pour tous,
Réaffirmant le rôle que joue l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et
l’agriculture, principale institution des Nations Unies compétente en matière de
développement rural et agricole, et le travail qu’elle accomplit pour soutenir les
États Membres dans l’action qu’ils mènent en vue de réaliser pleinement le droit à
l’alimentation, notamment en fournissant aux pays en développement une assistance
technique à l’appui de la mise en œuvre de leurs cadres de priorités nationaux,
Conscient de ce que des mécanismes interinstitutions pertinents, dont la collaboration
tripartite entre l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture,
l’Organisation mondiale de la santé animale et l’Organisation mondiale de la Santé,
contribuent à promouvoir la coopération et des orientations en faveur d’approvisionnements
et de pratiques alimentaires sûrs et durables,
Dans l’attente de la contribution que le Sommet sur les systèmes alimentaires, prévu
en 2021, apportera à la réalisation du droit à l’alimentation,
1.
Réaffirme que la faim est un scandale et une atteinte à la dignité humaine, et
que son élimination exige l’adoption d’urgence de mesures nationales, régionales et
internationales ;
2.
Réaffirme le droit qu’a chacun d’avoir accès à des aliments sains et nutritifs en
quantité suffisante, eu égard au droit à une alimentation adéquate et au droit fondamental de
chacun d’être à l’abri de la faim, de manière à pouvoir développer et conserver pleinement
ses capacités physiques et mentales ;
3.
Juge intolérable que, d’après les estimations du Fonds des Nations Unies pour
l’enfance, près de la moitié des décès d’enfants de moins de 5 ans soient attribuables à la
sous-nutrition, qui rend les enfants plus susceptibles de mourir d’infections communes,
accroît la fréquence et la gravité de ces infections et ralentit la guérison ;
4.
Se déclare profondément préoccupé par le fait que, en raison de la pandémie
de COVID-19, le nombre estimatif total de personnes qui souffrent de la faim aiguë a doublé,
passant de 130 millions en 2019 à 265 millions à la fin de 2020, et reconnaissant que le
monde avait déjà pris du retard dans la pleine réalisation du droit à l’alimentation, avant le
début de la pandémie ;
5.
Constate avec une vive préoccupation que, alors qu’elles contribuent pour plus
de 50 % à la production d’aliments à l’échelle mondiale, les femmes représentent 70 % des
personnes qui souffrent de la faim dans le monde, que les femmes et les filles sont touchées
de manière disproportionnée par la faim, l’insécurité alimentaire et la pauvreté, en partie du
fait des inégalités entre les sexes et de la discrimination fondée sur le genre, que dans de
nombreux pays les filles risquent deux fois plus que les garçons de mourir de malnutrition et
de maladies infantiles évitables et que, selon les estimations, la malnutrition touche près de
deux fois plus de femmes que d’hommes ;
6.
Engage tous les États à intégrer une perspective de genre dans les programmes
de sécurité alimentaire et à prendre des mesures pour s’attaquer aux inégalités de droit et de
fait entre les sexes et à la discrimination à l’égard des femmes, en particulier quand elles
contribuent à la malnutrition des femmes et des filles, y compris des mesures destinées à
assurer la pleine réalisation du droit à l’alimentation dans des conditions d’égalité et à garantir
GE.21-04328
3