A/HRC/50/25
des sexes9. Si leur participation est de plus en plus encouragée ces dernières années, il subsiste
néanmoins d’importantes lacunes dans ce domaine. Les filles et les jeunes femmes que le
Groupe de travail a rencontrées ont fait part des grandes difficultés auxquelles elles devaient
faire face à de nombreux niveaux. Malgré l’importance de leur participation, les recherches
sur les filles engagées dans la vie publique et politique sont rares et ne portent pas en
particulier sur l’espace civique et sur le militantisme de ces dernières10.
11.
Les experts du Groupe de travail remercient toutes les parties prenantes pour leur
contribution à l’élaboration du rapport. Ils prennent acte, en particulier, des contributions
uniques et remarquables apportées par des filles et des jeunes femmes militantes venant de
toutes les régions et de tous les horizons, qui ont participé à 10 consultations particulières.
Certaines d’entre elles, notamment celles qui vivent dans des territoires occupés ou des pays
en proie à un conflit armé, mènent leurs activités dans des contextes extrêmement oppressifs
et ont pris des risques considérables en choisissant de partager leur expérience avec le Groupe
de travail.
Notions
12.
Conformément aux normes internationales, le Groupe de travail considère que les
filles sont des enfants de moins de 18 ans11. Les organismes des Nations Unies, les États et
d’autres acteurs utilisent des tranches d’âge différentes pour définir les jeunes femmes. Aux
fins de l’élaboration du présent rapport, le Groupe de travail s’est entretenu avec des filles et
des jeunes femmes âgées de 12 à 30 ans, qui se considéraient comme des filles ou des jeunes
femmes militantes. Beaucoup d’entre elles ont dit avoir commencé leurs activités militantes
très tôt.
13.
Le Groupe de travail emploie le terme « militantisme » comme une notion générale
englobant la grande variété de modalités et de procédures, formelles et informelles, en ligne
et hors ligne, par lesquelles les filles et les jeunes femmes prennent part à la vie politique et
publique12. Cette notion renvoie à la participation à l’espace civique et à la direction des
affaires publiques, notamment à des processus formels liés à l’exercice des pouvoirs
législatif, judiciaire et exécutif, qui sont le plus souvent établis et dirigés par des adultes, ainsi
qu’aux initiatives partant de la base menées par les filles et les jeunes femmes elles-mêmes.
Le militantisme comprend aussi l’organisation de mouvements, la mobilisation (y compris
dans le cadre de manifestations pacifiques), l’organisation de campagnes, la mise en œuvre
d’activités de sensibilisation du public et d’actions collectives ou individuelles, ainsi que
d’autres initiatives informelles menées au niveau local, par lesquelles les filles et les jeunes
femmes font entendre leur voix pour susciter le changement au sein de leurs communautés13.
14.
Lorsque les filles et les jeunes femmes militantes mènent une action visant à
promouvoir les droits humains, la définition des défenseurs et défenseuses des droits humains
figurant dans la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes
de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales
universellement reconnus (Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme), pourrait
s’appliquer à elles, et devrait l’être. Cependant, il est possible qu’elles ne se condèrent pas
elles-mêmes comme des défenseuses des droits humains, souvent en raison de la
stigmatisation et des risques associés aux actions menées en cette qualité, qu’elles n’aient pas
connaissance de ce terme ou qu’elles ne soient pas considérées comme telles par les adultes.
Indépendamment de la manière dont elles se définissent ou dont elles sont perçues par les
autres, le Groupe de travail reconnaît en ces filles et ces jeunes femmes militantes qui œuvrent
à la promotion et à la défense des droits humains, dans toute leur diversité, des défenseuses
des droits humains qui ont droit à toutes les protections juridiques connexes, dont celles
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12
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GE.22-06906
Voir A/HRC/38/46.
Voir Emily Bent, « The boundaries of girls’ political participation: a critical exploration of girls’
experiences as delegates to the United Nations Commission on the Status of Women », Global
Studies of Childhood, vol. 3, no 2 (2013).
Convention relative aux droits de l’enfant, art. 1.
Voir Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, recommandation générale
no 23 (1997) et A/HRC/23/50.
Voir Roger A. Hart, « Children’s participation: from tokenism to citizenship », UNICEF (1992).
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