A/HRC/50/25 qu’obtenir une bourse d’études, l’appui de bienfaiteurs ou un poste professionnel dans une ONG avait été une étape importante dans leur parcours. Résorber la fracture numérique liée au genre 59. Comme démontré plus haut, les filles et les jeunes femmes mènent de plus en plus leurs activités militantes à l’aide d’Internet et des médias sociaux, formidables moyens de faire entendre leur voix. Il est donc crucial de garantir un accès aux technologies à toutes les filles et les jeunes femmes, sans discrimination, pour favoriser leur participation à l’action militante. Or, bon nombre d’entre elles, en particulier dans les zones rurales et défavorisées, n’ont pas accès à ces technologies (qu’il s’agisse de disposer d’appareils ou d’une connexion à Internet, ou de savoir comment aller en ligne) ou ne savent pas assez bien se servir des outils numériques, notamment du point de vue de la sûreté et de la sécurité. D’une manière générale, les hommes sont plus nombreux que les femmes à utiliser Internet dans le monde45. La fracture numérique, ainsi que les disparités socioéconomiques qui touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles, se sont creusées pendant la pandémie de COVID-19, limitant les activités militantes en ligne des filles et des jeunes femmes, qui ont peu de matériel chez elles. Les États devraient promouvoir l’accès aux moyens numériques et la connaissance de ceux-ci, et proposer des activités de formation et un appui, pour que les filles et les jeunes femmes puissent s’exprimer46. Veiller à l’exercice égal du droit à un enseignement de qualité 60. L’égalité d’accès à un enseignement inclusif, culturellement adapté et de qualité est cruciale pour permettre l’action militante des filles et des jeunes femmes47. Il est essentiel que les programmes scolaires comprennent un enseignement sur les droits humains, permettent de mieux comprendre les effets néfastes des normes sociales sexistes et des stéréotypes discriminatoires, et favorisent le développement de l’esprit critique, de la capacité d’action personnelle et de la solidarité. Comme indiqué plus haut, les établissements d’enseignement sont souvent le premier milieu où les filles et les jeunes femmes peuvent participer à des processus décisionnels et à des actions collectives, acquérir des compétences en leadership, apprendre à s’exprimer en public et prendre confiance en elles. Or, bien souvent, on considère que les enfants, et en particulier les filles, doivent avoir un rôle d’apprenant passif et leur participation à la vie publique de l’école n’est pas encouragée. 2. Mettre en place des cadres normatifs et institutionnels tenant compte du genre et de l’âge Au niveau national 61. Dans certaines régions, divers cadres ont été mis en place pour promouvoir et garantir la participation des enfants et des jeunes, y compris les filles et les jeunes femmes, à la vie publique et politique et pour soutenir leur militantisme. Certains États ont adopté des textes de loi qui reconnaissent expressément le droit des enfants et des jeunes de participer à la prise de décisions les concernant et prévoient l’adoption de mesures spécialement destinées à encourager cette participation. Ainsi, dans un pays d’Europe de l’Est, une loi réglemente l’allocation de fonds et d’espaces pour les activités et projets des jeunes ; dans un pays d’Amérique latine, une loi dispose que les partis politiques doivent faire figurer au moins 25 % de jeunes âgés de 18 à 29 ans sur leurs listes électorales. Certaines lois imposent l’obligation de mettre en place des dispositifs permanents destinés à faire entendre la voix des enfants et des adolescents en laissant une place aux filles et aux jeunes femmes. 45 46 47 GE.22-06906 Voir Union internationale des télécommunications, « Measuring digital development: facts and figures 2021 ». Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, recommandation générale no 36 (2017) et Comité des droits de l’enfant, observation générale no 25 (2021). Voir Comité des droits économiques, sociaux et culturels, observation générale no 13 (1999) et Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, recommandation générale no 36 (2017). 17

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