A/HRC/44/51 l’emploi des femmes. Selon les estimations, le nombre des emplois dans le secteur des énergies renouvelables, par exemple, pourrait passer de 10,3 millions en 2017 à près de 29 millions en 2050 27 . Les données disponibles indiquent que les femmes sont plus susceptibles de travailler dans le secteur des énergies renouvelables que dans celui des combustibles fossiles, ce qui donne une idée des perspectives qui pourraient s’ouvrir à elles. En revanche, ces données montrent aussi que les femmes ont tendance à exercer des fonctions subalternes et peu rémunérées, car elles sont plus susceptibles de remplir des tâches administratives que d’occuper des postes nécessitant des compétences dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie ou des mathématiques. 39. Au-delà de la croissance des emplois verts, la forte accélération et l’intensification des crises environnementales incitent de plus en plus à se mobiliser de toute urgence autour d’un nouveau modèle économique fondé sur la durabilité environnementale. Pour qu’une transition juste s’opère, il faut faire en sorte que le passage d’une économie extractiviste à une économie écologiquement durable qui privilégie la régénération ne crée pas de difficultés pour les travailleurs. Or pour l’heure, les questions de genre n’ont guère été abordées dans le débat sur la transition juste et les représailles contre les voix qui s’élèvent pour dénoncer les crises et les difficultés qu’une telle transition suscite ont fortement augmenté. Les femmes marginalisées, en particulier dans les pays pauvres, sont les plus touchées par la dégradation de l’environnement, en raison de la discrimination structurelle sous-jacente qu’elles subissent, notamment parce qu’elles n’ont pas le même accès que les hommes à la terre et aux ressources naturelles, aux infrastructures et aux services publics durables, ce qui est une menace pour leurs revenus et leur sécurité alimentaire, leur santé et leurs moyens de subsistance. La diminution de l’accès aux ressources naturelles dans le contexte des changements climatiques augmentera la charge déjà très lourde des soins et des travaux domestiques non rémunérés qui pèse sur les épaules des femmes et des filles les plus pauvres. 40. En même temps, les femmes jouent souvent un rôle important, en particulier dans les pays en développement, dans la préservation du milieu naturel. Grâce à leur participation, la préservation des forêts et les actions visant à lutter contre les effets des changements climatiques gagnent en efficacité et permettent un partage plus équitable des résultats obtenus. Dans le secteur agricole, les travailleuses jouent déjà un rôle important dans la gestion des ressources naturelles, essentielle pour l’adaptation aux changements climatiques. Pourtant, elles sont souvent exclues de la prise de décision et n’ont pas accès à un travail décent. Qui plus est, leur connaissance des savoirs locaux et traditionnels est souvent méconnue. Dans les pays en développement, les femmes se concentrent déjà très largement dans le secteur informel de la collecte et du recyclage des déchets. Si leur contribution au ramassage des matières recyclables dans les rues et au maintien de la propreté des espaces publics représente un moindre coût pour les budgets publics, elle compte pour une part importante de la gestion, du recyclage et de l’élimination des déchets solides. Or, ces travailleuses sont fortement stigmatisées ; elles subissent des actes de harcèlement, sont mal payées et pâtissent de mauvaises conditions de travail. En outre, l’intégration croissante de la collecte et du recyclage des déchets dans le secteur formel, notamment par l’introduction de nouvelles technologies telles que les incinérateurs, menace le travail de ces femmes si elles n’ont pas la possibilité de se perfectionner ou si aucune stratégie n’est mise en place pour les insérer dans des structures officielles28. D. Faire des droits humains des femmes la pierre angulaire d’un nouveau monde du travail, dès maintenant et pour l’avenir 41. Si l’on ne s’attaque pas directement à la discrimination structurelle et systémique, le risque est grand que l’évolution future du travail creuse les inégalités que subissent déjà les femmes. L’approche adoptée jusqu’à présent, qui consistait à faire entrer des femmes dans la structure très masculine du travail et de l’économie, n’a pas permis la réalisation des droits humains des femmes et les mutations que connaît le monde du travail n’amélioreront pas les 27 28 GE.20-05688 Voir https://www.irena.org/publications/2019/Jan/Renewable-Energy-A-Gender-Perspective. Voir https://www.worldurbancampaign.org/wiego-four-strategies-integrate-waste-pickers-futurecities. 11

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