A/HRC/44/51 choses à cet égard. Pour bâtir un monde du travail dans lequel les femmes reçoivent et contribuent à égalité avec les hommes, il faut réinventer la structure du travail et l’économie, en donnant aux droits humains des femmes une place centrale. Les femmes ont de fortes attentes pour l’avenir en ce qui concerne la sécurité de l’emploi, l’égalité des salaires, la garantie de conditions de travail décentes, le respect et la protection contre la violence et le harcèlement au travail, l’accès aux compétences et à la formation voulues et le soutien dans l’exercice des responsabilités familiales29. Un monde du travail où les droits humains des femmes deviendront réalité sera profitable non seulement aux femmes, mais à tous. 42. Pour que les tendances futures qui vont transformer le monde du travail n’aggravent pas la discrimination à l’égard des femmes, il est nécessaire d’agir par des mesures ciblées dans cinq domaines, détaillés ci-après. Garantir la protection contre la violence et le harcèlement 43. Les normes internationales reconnaissent le harcèlement sexuel comme une forme de discrimination à l’égard des femmes et comme une violation des droits humains. Face aux nouveaux défis liés à l’évolution technologique et à la poursuite de la mondialisation, il est plus que jamais urgent de garantir la sécurité des femmes au travail. À cet égard, l’adoption de la Convention de 2019 sur la violence et le harcèlement (no 190) de l’OIT représente un grand progrès vers la création d’un monde du travail sûr et décent pour tous, en particulier pour ce qui est de lutter contre la violence et le harcèlement à l’égard des femmes. La discrimination fondée sur d’autres motifs, tels que la grossesse, l’âge, la race, l’origine sociale, le statut migratoire, le handicap, la maternité, les responsabilités familiales, l’orientation sexuelle et l’identité de genre, peut également rendre les femmes plus vulnérables à la violence et au harcèlement et influer sur les formes que ces actes peuvent prendre. En outre, l’incrimination des prostituées ou travailleuses du sexe expose davantage encore ces femmes à la violence et accentue leur exclusion des services essentiels. 44. Bien qu’il y ait de plus en plus de lois contre le harcèlement sexuel, leur champ d’application est souvent limité. Les femmes ne signalent pas les faits de harcèlement sexuel pour de nombreuses raisons, notamment par peur des représailles ou de crainte que l’affaire soit, au mieux, traitée de manière inefficace ou, au pire, ignorée ou étouffée. Cet état de fait se traduit par un climat d’impunité pour les auteurs de tels actes. Face à la transformation du monde du travail, il est crucial que les femmes ayant des formes d’emploi atypiques ou travaillant dans le secteur informel soient couvertes par des lois visant à lutter contre le harcèlement sexuel et les autres formes de violence au travail et que toutes les travailleuses, quel que soit leur type de contrat, puissent avoir accès à des recours et à la justice si elles sont victimes de harcèlement sexuel. Des cadres réglementaires devraient obliger les employeurs à prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir et combattre le harcèlement sexuel, conformément aux normes internationales. Dans le contexte du fractionnement accru de l’environnement de travail et de l’augmentation du recours à la sous-traitance, il est nécessaire de renforcer les mesures de lutte contre le harcèlement sexuel et de responsabilisation tout le long des chaînes d’approvisionnement mondiales. Les nouvelles formes de violence et de harcèlement au travail facilitées par les TIC doivent également faire l’objet d’une réglementation et de mesures de responsabilisation (voir le document A/HRC/38/47). 45. L’une des grandes nouveautés de la Convention de 2019 sur la violence et le harcèlement (no 190) de l’OIT est le fait qu’elle reconnaît le rôle que doivent jouer les employeurs ainsi que les travailleurs dans la lutte contre la violence domestique, considérée comme une autre forme de violence ayant des répercussions sur la situation des femmes au travail. Il s’agit là d’un important changement de perspective, car la violence domestique était traditionnellement considérée comme une affaire privée qui avait une incidence sur la vie au foyer, et non au travail. La Convention établit que les travailleurs victimes de violence domestique ont droit à un soutien et à une protection dans le cadre de leur emploi et ne doivent pas subir de discrimination au motif qu’ils sont victimes de violence domestique, et que les employeurs doivent leur accorder des modalités de travail souples, une protection et des 29 12 Voir https://www.sydney.edu.au/content/dam/corporate/documents/business-school/research/womenwork-leadership/women-and-the-future-of-work.pdf. GE.20-05688

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