A/HRC/44/51
Bouleverser les schémas des professions « féminines » et « masculines » :
valeur et rôles
48.
Bien que la croissance de nouveaux secteurs, comme ceux de la technologie et des
énergies renouvelables, offre une occasion d’accroître l’emploi des femmes dans des secteurs
majoritairement masculins, l’augmentation de la proportion de femmes dans la population
active ne garantit pas automatiquement aux femmes des conditions d’égalité. La persistance
de la ségrégation dans l’emploi peut s’expliquer par les écarts entre hommes et femmes au
niveau des études, de la formation et de l’expérience, par la discrimination, par des normes
sociales profondément ancrées et par la répartition inégale des tâches domestiques non
rémunérées. Les stéréotypes liés aux rôles de genre et aux écarts d’aptitude perçus
contribuent également à cette ségrégation. Les professions principalement exercées par des
femmes, qui sont généralement les moins valorisées et les moins payées, restent
majoritairement féminines ou le deviennent encore plus.
49.
Sans intervention ciblée, les schémas existants de ségrégation se reproduiront dans les
nouveaux secteurs d’activité. Il est nécessaire en particulier de prendre des mesures
temporaires spéciales visant à accroître la représentation des femmes dans les secteurs à forte
croissance ; d’offrir aux femmes un accès aux études et à la formation professionnelle en
cours d’emploi et tout au long de la vie pour leur permettre de passer plus facilement
d’emplois qui risquent d’être automatisés à des secteurs à forte croissance ; de prendre des
mesures incitatives et de mener des actions visant à augmenter la proportion de femmes qui
étudient et travaillent dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des
mathématiques. Les politiques et les cadres réglementaires peuvent jouer un rôle important
en obligeant les employeurs à rendre compte de la composition par sexe et de la répartition
par fonctions des effectifs de leur entreprise ou de leur organisation, ainsi que de l’écart de
rémunération entre les femmes et les hommes et de la proportion de femmes aux postes de
direction. Avec la croissance potentielle du secteur des soins dans le contexte du
vieillissement de la population, il est impératif que les activités rémunérées de prestation de
soins soient reconnues à leur juste valeur, tant sur le plan économique que sur le plan social,
par des conditions de travail et des salaires décents. Compte tenu de la surreprésentation des
femmes dans les emplois mal rémunérés, une législation garantissant un salaire minimum,
ainsi que l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, peut aussi contribuer
fortement à réduire les écarts salariaux entre les femmes et les hommes. Par ailleurs, pour
mettre fin à la ségrégation dans l’emploi, il est tout aussi important de prendre des mesures
pour inciter les hommes à accepter des emplois dans des secteurs majoritairement féminins,
comme l’enseignement et les activités rémunérées de prestation de soins.
Encadré 4
Pratiques prometteuses
Accroître la représentation des femmes dans le secteur des énergies renouvelables
À l’échelle internationale, les femmes ne représentent que 32 % de la main-d’œuvre
du secteur des énergies renouvelables. Reconnaissant que la réussite de la transition vers un
avenir sobre en carbone dépendra de l’aptitude à tirer parti de tous les talents possibles, un
groupe d’organisations des secteurs public et privé a mis sur pied une campagne visant à
œuvrer en faveur de l’équité salariale, de la parité au sein des échelons supérieurs et de
l’égalité des chances pour les femmes dans le secteur des énergies propres d’ici 2030. La
campagne demande aux entreprises et aux gouvernements d’adhérer aux principes énoncés
et de prendre des mesures concrètes, notamment de fixer des objectifs et des quotas, pour
aider à combler les inégalités entre les sexes.
Valoriser les activités rémunérées de prestation de soins et de travail domestique
Ayant constaté que le secteur de la prestation de soins était historiquement dévalorisé
pour des raisons fondées sur le genre, des syndicats, des travailleurs et des organisations
communautaires ont mené des campagnes de longue haleine, qui ont abouti à une
augmentation des salaires dans le secteur, avec l’établissement de taux de rémunération
minimum. Cette décision a donné lieu à des hausses de salaires allant de 19 % à 41 % pour
les travailleurs du secteur.
GE.20-05688
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