A/HRC/44/51
Dans la foulée de la ratification de la Convention de 2011 sur les travailleuses et
travailleurs domestiques (no 189) de l’OIT par 11 pays d’Amérique latine, des efforts ont été
faits pour que les travailleurs domestiques soient couverts par les dispositions relatives au
salaire minimum et que leur rémunération soit égale à celle des autres travailleurs. Certains
pays de la région encouragent également la négociation collective dans le secteur afin
d’améliorer la rémunération et les conditions de travail.
Un certain nombre d’États membres de l’Union européenne ont mis en place des
dispositifs pour inciter à l’emploi formel des travailleurs domestiques au moyen de
réductions de l’impôt sur le revenu et d’abattements fiscaux, ainsi qu’un cadre réglementaire
strict afin d’accroître la proportion des emplois formels dans le secteur du travail domestique.
Accroître la participation des hommes dans les secteurs majoritairement féminins
Des organisations à but non lucratif d’un pays d’Europe occidentale s’efforcent de
recruter des hommes dans le secteur des services sociaux, en particulier pour l’aide au
logement, les soins aux personnes âgées et le travail social auprès des familles vulnérables,
en menant une campagne de recrutement dans les écoles et les établissements supérieurs,
mais aussi auprès des anciens combattants.
Faire en sorte que toutes les travailleuses, y compris celles du secteur informel,
puissent jouir de leurs droits sans discrimination
50.
Une préoccupation majeure en ce qui concerne l’exercice par les femmes de leurs
droits humains dans le contexte de l’évolution actuelle du monde du travail est le
développement des formes atypiques d’emploi du fait du recours accru à la sous-traitance
mais aussi au travail à la demande, au travail sur plateforme numérique, aux contrats
temporaires, au travail indépendant, aux contrats à horaires variables, aux contrats zéro heure
et à d’autres formes de travail occasionnel 30. Bien que les nouvelles modalités de travail
puissent offrir aux femmes un moyen d’échapper à des formes plus précaires et plus pénibles
de travail informel, comme le travail agricole familial ou la vente ambulante, l’insécurité de
l’emploi, la faible rémunération et le manque d’accès à la protection sociale perpétueront
l’insécurité économique et la discrimination structurelle au travail pour de nombreuses
femmes. Les femmes qui sont en bas de la chaîne d’approvisionnement, par exemple les
ouvrières agricoles dans les plantations, effectuent souvent des tâches dangereuses, qui les
exposent à des produits chimiques nocifs, et ont de mauvaises conditions de travail. De plus,
leur travail, en particulier lorsqu’il se compose de microtâches, est souvent caché et invisible,
ce qui accroît le risque d’exploitation.
51.
Pour que les femmes puissent exercer leurs droits fondamentaux dans le monde du
travail qui émerge actuellement, il faut que les droits humains des personnes qui exercent ces
nouvelles formes d’emploi soient garantis. Il est urgent d’étendre à toutes les travailleuses,
en particulier celles du secteur informel, les droits et prestations liés à l’emploi, notamment les
congés de maladie payés, les congés annuels, la limitation de la durée de travail et le droit à la
santé et à la sécurité au travail. Dans certains contextes, la possibilité de bénéficier d’un congé
menstruel contribue de manière importante à aider les femmes à accéder à un travail décent.
52.
Le travail domestique rémunéré est une source très importante et croissante d’emploi
salarié pour les femmes, mais la majorité des emplois dans ce secteur sont informels et de
mauvaise qualité et comportent des risques élevés d’abus et de violence. De même, dans
certains pays, le ramassage de déchets constitue une importante source de revenus pour les
femmes, en plus de contribuer à la durabilité environnementale. Cependant, trop souvent, les
femmes qui exercent ces activités sont souvent privées des droits élémentaires des travailleurs
et exposées à la discrimination, à la stigmatisation, au harcèlement et à la violence. En outre,
il est essentiel de garantir les droits des travailleuses qui occupent des emplois informels dans
l’agriculture, notamment l’égalité en matière de propriété et de contrôle des terres et en
matière d’accès au crédit et aux technologies agricoles, à mesure que le secteur évolue et se
développe dans le contexte des changements environnementaux.
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Organisation de coopération et de développement économiques, Perspectives de l’emploi de l’OCDE
2019 : L’avenir du travail, Paris, 2019.
GE.20-05688