A/HRC/44/51 sociale dont bénéficient les travailleurs disposant d’un contrat de travail en bonne et due forme5. Les disparités entre les femmes et les hommes sont particulièrement fortes chez les travailleurs du secteur informel qui ne perçoivent aucun salaire ou rémunération directe, tels que les travailleurs familiaux non rémunérés dans les exploitations et les entreprises familiales (28,1 % des femmes contre 8,7 % des hommes)6. Le manque d’investissement des gouvernements dans des infrastructures et des services publics qui permettraient un gain de temps, ainsi que les coupes budgétaires permanentes (notamment dues aux conditions imposées par les institutions financières internationales) ont souvent les effets les plus délétères sur les travailleuses du secteur informel. 13. La discrimination structurelle, notamment la persistance des stéréotypes de genre et des attentes, normes et attitudes genrées, reste un obstacle important. De nombreuses femmes enceintes continuent de subir des discriminations et se voient licenciées, reléguées à des postes moins bien rémunérés ou privées de toute possibilité d’avancement. En outre, faute d’accès aux droits et services en matière de sexualité et de procréation, les femmes ne peuvent pas prendre des décisions autonomes concernant la grossesse et la procréation, ce qui pèse sur leurs perspectives d’emploi et alourdit les tâches domestiques non rémunérées qu’elles assument. À l’échelle mondiale, les femmes effectuent trois fois plus de soins et de travaux domestiques non rémunérés que les hommes, preuve de la réalité des stéréotypes discriminatoires fondés sur le sexe et le genre associés à ces tâches. 606 millions de femmes en âge de travailler (soit 21,7 %) sont, à plein temps, prestataires de soin à autrui non rémunérées, contre 41 millions d’hommes (1,5 %)7. 14. Si, au niveau mondial, le niveau d’instruction des femmes a progressé, la ségrégation professionnelle et sectorielle reste profondément enracinée, les femmes se retrouvant cantonnées aux emplois et secteurs peu rémunérés, sans véritable perspective de progression de carrière. L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes reste obstinément à 20 % et il est plus élevé pour les femmes qui subissent des formes de discrimination multiples et croisées. La position de désavantage systémique dans laquelle se trouvent les mères au travail contribue à creuser cet écart et à réduire fortement l’épargne-retraite et les cotisations de retraite de ces femmes, qui sont p��nalisées par la maternité. À l’échelle mondiale, seuls 27,1 % des postes de cadre sont occupés par des femmes, un chiffre qui a très peu évolué au cours des vingt-sept dernières années8. Ces données illustrent non seulement les obstacles persistants auxquels se heurtent les femmes, mais également le peu de valeur qu’accorde la société au travail qu’elles accomplissent. 15. Sur le lieu de travail, la violence et le harcèlement fondés sur le genre persistent à des niveaux alarmants. Ces dernières années, un nombre sans précédent de femmes ont dénoncé la violence et le harcèlement sexuels, ainsi que les systèmes de pouvoir et de domination qui les réduisent au silence depuis si longtemps. Si l’on manque de données récentes au niveau mondial, une étude menée en 2014 dans l’ensemble de l’Union européenne montre qu’une femme sur deux (55 %) a été victime de harcèlement sexuel au moins une fois depuis l’âge de 15 ans. Parmi elles, 32 % ont indiqué qu’un collègue, un supérieur hiérarchique ou un client était l’auteur ou l’un des auteurs de ce harcèlement9. Les femmes qui exercent un travail précaire dans le secteur informel, telles que les employées de maison, les vendeuses sur les marchés et les ramasseuses de déchets, sont particulièrement exposées au harcèlement et à la violence dans leur travail10. 16. Dans de nombreuses régions du monde, des lois discriminatoires qui restreignent les droits des femmes sont toujours en vigueur et les progrès dans l’adoption d’une législation 5 OIT, Femmes et hommes dans l’économie informelle : Un panorama statistique, 3e éd. (Genève, 2018). 6 Ibid. 7 OIT, Une avancée décisive vers l’égalité entre hommes et femmes : Un meilleur avenir du travail pour tous (Genève, 2019). 8 Ibid. 9 Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, Violence against Women: an EU-wide survey − Main results (Luxembourg, Office des publications de l’Union européenne, 2014). 10 Voir https://www.wiego.org/sites/default/files/migrated/publications/files/ILC_WIEGO_ Briefing%20Note%20Violence%20in%20the%20workplace%20EN%20for%20web.pdf. GE.20-05688 5

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