A/HRC/44/51
qu’elles prennent beaucoup de temps aux femmes et compromettent leur sécurité économique
(A/74/111, par. 228). Néanmoins, d’autres politiques sont possibles. Elles supposent de
réinventer l’économie pour mettre l’accent sur la redistribution du pouvoir et des ressources,
sur la création d’emplois décents et sur la valorisation du bien-être et de la protection des
personnes et de la planète. Certains États s’engagent dans cette voie en plaçant le bien-être
et la protection des personnes au cœur de leurs politiques économiques.
59.
Un cadre de politique économique favorable aux droits humains des femmes devrait
accorder une place centrale à la réalisation des droits humains, au lieu de se focaliser
exclusivement sur le produit intérieur brut ; privilégier la redistribution équitable plutôt que
l’accumulation de richesses ; faciliter les investissements dans les infrastructures et les
services publics, augmenter les pensions de retraite et les prestations de sécurité sociale et
relever les salaires minimum, au lieu d’accorder des réductions d’impôt aux grandes
entreprises et aux plus fortunés ; lutter contre la prolifération du travail informel précaire en
proposant des mesures incitatives aux entreprises pour stimuler la croissance économique
afin de créer des emplois offrant une rémunération et des conditions de travail décentes.
Réinventer l’économie en faveur des droits humains des femmes suppose de prendre
correctement en compte les besoins propres des femmes et de leur accorder la priorité, de
garantir l’autonomie en matière de procréation, d’éliminer toutes les formes de
discrimination et, enfin, de valoriser les activités de soins à la personne, rémunérées et non
rémunérées, et d’investir dans ce secteur en tant que pilier central. De tels investissements
peuvent à la fois stimuler l’emploi des femmes et contribuer à l’édification d’infrastructures
physiques et sociales indispensables dont tous les travailleurs pourront bénéficier.
IV. Recommandations
60.
Si l’on n’agit pas de toute urgence, il y a fort à craindre que les inégalités de genre
et la discrimination dont les femmes sont actuellement victimes non seulement se
reproduiront, mais s’aggraveront avec l’évolution du monde du travail.
61.
Le Groupe de travail invite instamment tous les États à ratifier la Convention
sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et tous les
instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et conventions de
l’Organisation internationale du Travail qui garantissent le droit des femmes au travail
et leurs droits en tant que travailleuses, ainsi que les protocoles facultatifs à la
Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des
femmes et au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, et
à les appliquer pleinement.
62.
Le Groupe de travail recommande également l’adoption de mesures concrètes
fondées sur son analyse et tenant compte des pratiques prometteuses recensées dans le
présent rapport.
A.
Recommandations générales
63.
Le Groupe de travail recommande aux États :
a)
De réexaminer et d’abroger toutes les lois discriminatoires qui créent des
obstacles à l’emploi des femmes dans les secteurs formel et informel ;
b)
De veiller à ce que l’interdiction de la discrimination fondée sur le sexe, la
grossesse, la maternité ou les responsabilités familiales s’applique à toutes les femmes
qui travaillent, y compris celles qui ont une forme d’emploi atypique ;
c)
De renforcer la législation, la réglementation et les mécanismes de
responsabilisation pour garantir la transparence sur les salaires et les conditions de
travail, notamment au moyen de données ventilées par sexe, dans l’ensemble des
chaînes d’approvisionnement mondiales ;
d)
De procéder à une refonte des politiques et des cadres économiques,
y compris des budgets nationaux et des politiques fiscales, afin de mettre l’accent sur le
20
GE.20-05688
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