A/76/302 générées par le racisme structurel ont manifestement accentué les ravages de la pandémie de COVID-19 au sein des communautés noires. 36. Les réserves face à la vaccination ont aussi eu pour conséquence un taux de vaccination plus faible chez les personnes d’ascendance africaine qui y avaient pourtant accès. Ironie du sort, bien que la pratique de l’inoculation telle qu’elle est pratiquée dans les pays occidentaux soit une science dont l’origine revient aux personnes d’ascendance africaine, c’est au sein de cette catégorie de la population que l’on observe des taux de vaccination anormalement bas, et ce dans des pays où les vaccins sont désormais largement disponibles 17. Les raisons de la méfiance, notamment l’idée que l’on utiliserait de façon méthodique les corps de personnes noires à des fins d’expérimentation médicale, illustrent parfaitement la manière dont le racisme structurel peut bouleverser les pratiques culturelles 18. 37. L’indifférence dans laquelle ont été tenus les problèmes de discrimination multiple durant la pandémie est elle aussi troublante. Ainsi, en Colombie et dans d’autres pays d’Amérique latine, il avait été décidé, dans le cadre des restrictions de déplacement imposées en vue de limiter le nombre de personnes dans les rues, qu’il ne serait possible de sortir que certains jours, selon que l’on était une femme ou un homme, sans prendre en compte l’identité ou l’expression de genre ; cette décision a fait courir aux personnes transgenres un risque particulier, risque encore accru pour les Afro-Colombiens qui subissaient déjà des contrôles policiers et abus de pouvoir de manière disproportionnée. Au Royaume-Uni, les violences et le harcèlement en ligne ont augmenté pendant la pandémie, surtout envers les femmes noires et les personnes non binaires. B. Les violences policières exercées à l’encontre des personnes d’ascendance africaine dans le contexte de la pandémie de COVID-19 38. Alors que la pandémie de COVID-19 faisait rage, et en dépit des risques accrus encourus, les personnes d’ascendance africaine ont commencé à faire l’objet de contrôles de police et de violences de la part des forces de l’ordre qui ont atteint des proportions choquantes dans certains États. Pendant la crise liée à la COVID -19, le renforcement des mesures de maintien de l’ordre parfois abusives vis-à-vis des personnes et communautés noires, notamment l’incrimination d’enfants d’ascendance africaine, a eu des effets néfastes sur les communautés et les familles, et a alimenté la méfiance envers les forces de l’ordre 19. 39. Dans plusieurs États, les institutions de défense des droits de l’homme ont signalé une augmentation des actes de violence pendant les périodes de confinement, de quarantaine et de distanciation physique imposées du fait de la pandémie de COVID-19. Des incidents liés à des pratiques de plus en plus répandues de profilage racial, aux violences policières, au recours illégal à la force et aux abus de pouvoir commis à l’encontre de personnes d’ascendance africaine ou dans des zones à forte concentration de communautés d’ascendance africaine ont été signalés en Argentine, au Brésil, en Colombie, au Royaume-Uni et aux États-Unis. À Toronto, au Canada, un rapport de 2020 sur le profilage et la discrimination raciale par le service de police de Toronto a révélé que les personnes noires étaient plus susceptibles de faire l’objet d’interpellations proactives, d’être inculpées et d’être victimes d’incidents de recours __________________ 17 18 19 14/26 Carey Baraka, « Onesimus: the African slave who taught America how to vaccinate itself from smallpox », Quartz, 10 mai 2020. A/HRC/45/44, paragraphes 53 à 56. A/HRC/45/44. 21-11641

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