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l’injustice. Si tous ces problèmes sont clairement des séquelles de la traite
transatlantique des Africains et du colonialisme, ils reflètent également les mentalités
d’aujourd’hui, ses phénomènes d’exploitation omniprésente et son climat d’impunité
acquise.
58. La condition sociale des personnes d’ascendance africaine les amène par ailleurs
à subir des formes multiples et croisées d’oppression généralisée. Les sociétés dans
lesquelles les pratiques discriminatoires sont ancrées procèdent systématiquement à
une répartition des ressources, du pouvoir et des chances sur la base de critères
raciaux, ce qui compromet la capacité des personnes d’ascendance africaine à
participer pleinement et librement à la société, à la gouvernance et à l’économie. Cela
les rend également plus vulnérables à la pandémie de COVID-19 qui a eu un impact
dévastateur disproportionné sur ces personnes, avec des disparités raciales en termes
de décès, des problèmes de santé et, avec le temps, des coûts socio -économiques.
59. Cette période a aussi été marquée par une prise de conscience aiguë des
violences policières que subissent les personnes d’ascendance africaine dans le monde
entier. Les manifestations populaires se sont heurtées à la violence étatique. Des
vidéos montrant des actes de brutalité et de violence ont été recueillies , qui
témoignent notamment de l’utilisation de gaz lacrymogènes et de gaz poivré,
d’arrestations, détentions et intimidations arbitraires, d’agressions physiques à l’aide
de matraques, de crosses de fusil ou de véhicules, d’attaques lancées contre des
journalistes ou observateurs judiciaires, de l’utilisation de la technique de la nasse
pour empêcher des civils de quitter le lieu d’une manifestation, ou encore des
blessures infligées à des mineurs d’âge.
60. La collecte de données sur les cas d’infection et de décès liés à la COVID-19,
ventilées selon la race, l’origine ethnique et autres critères, devrait permettre
d’opposer également une réponse politique à cette pandémie.
61. Des manifestants pacifiques et des défenseurs de la société civile, parmi lesquels
ceux qui soutiennent le vaste mouvement transnational Black Lives Matter, ont eu à
faire face aux réactions violentes des États qui, en revanche, se sont montrés bien plus
conciliants et cléments à l’égard des groupes nationalistes et suprématistes blancs,
même lorsque ces derniers ont commis des actes de violence et de destruction de
biens.
62. Les décès qui surviennent pendant les gardes à vue restent un sujet de
préoccupation dans le monde entier. Nombreux sont ceux qui résultent d’un recours
abusif à la contrainte ou qui se produisent dans des situations appelant davantage
l’intervention des services de santé mentale que de la police.
63. Le racisme structurel persiste partout dans le monde sous diverses formes et sa
corrélation avec les inégalités sanitaires n’a pas été suffisamment étudiée. Le droit au
meilleur état de santé physique et mentale possible est indissociablement lié à d’autres
droits fondamentaux, tels que le droit à l’information, le droit à la liberté et à la
sécurité de la personne, le droit à l’égalité et à la non-discrimination et le droit de
disposer de son corps.
64. La COVID-19 a fait ressortir combien il était urgent de mettre fin au
colonialisme et au racisme ancrés dans l’architecture sanitaire mondiale, qui touche
de façon disproportionnée les communautés noires et autochtones, les communautés
de personnes de couleur et les communautés des pays du Sud. Dans de nombreuses
régions du monde, les difficultés rencontrées dans l’exercice du droit à la santé
trouvent leur origine dans l’esclavage, le colonialisme, l’apartheid, la xénophobie,
l’afrophobie, la transphobie, l’homophobie, le capacitisme, le sexisme et le racisme.
Aussi, tout effort tendant à réduire les inégalités sanitaires structurelles doit -il
remettre en question le partage du pouvoir au sein de la société et donner aux
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