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partagées. Les États ont l’obligation de veiller à ce que les vaccins et traitements
contre la COVID-19 soient équitablement distribués et soient sûrs, disponibles,
accessibles et d’un coût abordable pour toutes celles et tous ceux qui en ont
besoin.
81. Il est essentiel de disposer de données ventilées par race sur tous les aspects
de la pandémie pour pouvoir étayer les stratégies sanitaires, les financements et
les initiatives politiques au sens large durant la pandémie de COVID-19. Les
pouvoirs publics et la société civile devraient déployer des efforts spécifiques, en
coopération avec les personnes d’ascendance africaine, pour collecter, analyser
et rendre publiques des données ventilées par race dans tous les secteurs.
82. Les professionnels de santé ont conservé un rôle crucial au cœur de la
pandémie. À mesure que le traumatisme et le stress qu’ils subissent du fait de la
pandémie augmentent, il faut que les moyens publics et privés soient alloués pour
en tenir compte et viennent soutenir les soignants et tous les intervenants de
première ligne essentiels qui, au cours de l’année écoulée, ont été au cœur de la
bataille contre la COVID-19 que ce soit par la fourniture de soins ou par des
activités de prévention, tout en continuant de s’occuper de leur famille et de leurs
proches, et ce alors qu’ils se sentaient souvent en danger à titre personnel et
devaient faire face à un stress racial chronique.
83. Les États et la société civile devraient définir des indicateurs spécifiques
concernant les effets de la pandémie de COVID-19 et faire en sorte, lors de
l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques, que les efforts déployés en
matière de développement et d’aide humanitaire parviennent jusqu’aux
personnes d’ascendance africaine, et ce dans tous les secteurs.
84. Dans de nombreuses communautés de personnes d’ascendance africaine, le
personnel soignant traditionnel (accoucheuses, guérisseurs et médecins) était le
seul à pouvoir prodiguer des soins et conseils en matière de santé, en raison des
difficultés d’accès aux hôpitaux et centres de santé dues aux conditions
géographiques et culturelles. Les guérisseurs et accoucheuses entretiennent
cependant des relations souvent tendues avec les systèmes de santé biomédicaux.
Les États devraient, en priorité, investir dans la formation et le financement des
médecins, guérisseurs et infirmiers traditionnels, qui sont, dans les faits, les
premiers à intervenir face à la COVID-19.
85. Les États devraient promouvoir des méthodes interculturelles qui tirent
parti des connaissances ancestrales et des médecines traditionnelles afin
d’élargir et de coordonner les politiques publiques dans le cadre de la pandémie
de COVID-19. De même, il faudrait qu’ils soutiennent les initiatives locales
visant à suivre de près la pandémie pour tenir compte des réalités géographiques
qui sont le lot de nombreuses communautés de personnes d’ascendance africaine.
86. Les États devraient veiller à ce que les ressources hospitalières telles que les
lits en soins intensifs, les respirateurs et autres appareils parviennent plus
largement en milieu rural et auprès des populations au sein desquelles les
personnes d’ascendance africaine manquent d’infrastructures sanitaires.
87. Les États devraient définir spécifiquement les circonstances qui autorisent
un placement en détention, comme le fait la Convention européenne des droits
de l’homme, de façon à ce que les arrestations arbitraires ne touchent pas de
manière disproportionnée les personnes d’ascendance africaine.
88. Les États devraient cesser d’utiliser, en matière de politique pénitentiaire
et de maintien de l’ordre, des modèles inspirés du secteur privé axés sur la
rentabilité, qui encouragent les arrestations, les quotas et les abus d’autorité,
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