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pratiques qui affectent un nombre démesuré de personnes d’ascendance
africaine et portent fréquemment atteinte aux droits de l’homme.
89. Les États doivent investir en proportion de leurs moyens dans les soins de
santé, le logement, les unités de santé mentale et autres biens, services et
aménagements publics, et ne plus en appeler au système judiciaire pénal po ur
faire de la prison un lieu de prise en charge globale « prêt à l’emploi » et une
« solution toute faite ».
90. Les États doivent explicitement reconnaître l’existence du problème que
constituent les incarcérations massives de personnes d’ascendance africaine et
indiquer leur intention de le combattre dans le cadre de la lutte contre le racisme
systémique, et de contrer les effets qui s’en ressentent pour ces personnes dans
les décisions et débats portant sur les questions de réparation et de restitution.
91. Les États devraient lever les obstacles juridiques à l’enregistrement ou à la
diffusion de vidéos laissant apparaître des comportements des forces de l’ordre
dans la sphère publique.
92. Les États doivent collecter, compiler, analyser, diffuser et publier des
données statistiques fiables, ventilées par race et par ethnie, conformément à une
approche fondée sur les droits de l’homme. Ils devraient prendre et soutenir
d’autres mesures, telles que des procédures d’audit, la mise en place
d’observatoires et la réalisation d’études sur les disparités raciales, de façon à
mieux comprendre ces dernières et à élaborer des politiques plus éclairées en
matière d’égalité et de possibilités offertes aux personnes d’ascendance africaine.
93. Les États doivent encourager la production et la diffusion de connaissances
sur les contributions historiques des personnes d’ascendance africaine ainsi que
sur les périodes d’esclavage et de colonialisme. Ils pourraient à cet effet
contribuer financièrement à la constitution d’archives et de données primaires,
et en faciliter l’accès ; ils pourraient également s’attacher à revoir et modifier les
manuels et programmes scolaires.
94. Il convient d’appuyer les efforts et initiatives déployés au niveau local et au
plan mondial par la société civile pour dénoncer et éradiquer le racisme
structurel, notamment en leur allouant les moyens financiers et en leur assurant
une reconnaissance publique. Les États doivent protéger ceux qui combattent le
racisme, notamment les défenseurs des droits de l’homme, contre les pratiques
d’intimidation, la mise sous surveillance, les représailles, le harcèlement et les
agressions.
95. Les États devraient renforcer leur engagement en faveur des objectifs et des
priorités de la Décennie. L’examen à mi-parcours de la Décennie est l’occasion
pour les États Membres de démontrer leur détermination à lutter contre
l’injustice raciale.
96. Le Groupe de travail demande de nouveau à tous les États de mettre
pleinement et effectivement en œuvre la Déclaration et le Programme d’action
de Durban ; il leur demande également d’adopter et d’appliquer sans délai un
vaste plan d’action national pour lutter contre le racisme en renforçant les
institutions nationales, les moyens législatifs et l’administration de la justice, et
en mettant sur pied des organes nationaux compétents pour enquêter de manière
adéquate sur les allégations de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie
ou de l’intolérance qui y est associée.
97. L’omniprésence du racisme, de la discrimination structurelle, de
l’afrophobie et de l’intolérance qui y est associée constitue un sérieux obstacle à
la réalisation des objectifs de développement durable. Le Groupe de travail
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