A/76/302 constitue un premier pas vers la reconnaissance de cet héritage du passé que constituent le racisme et l’oppression généralisés envers les personnes de couleur. 17. En réponse aux questions posées par des membres du Groupe de travail durant le débat, M me Brown revient plus longuement sur les mesures législatives et politiques à mettre en place pour prévenir et combattre les violences et les brutalités policières visant des personnes d’ascendance africaine. Elle considère que le Congrès des ÉtatsUnis devrait adopter une législation conforme aux dispositions de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Elle fait valoir que les États Membres devraient concentrer leurs efforts sur les demandes de réparation et sur les appels à la justice réparatrice, plutôt que de se focaliser sur la réforme de la police, qui n’a manifestement pas suffi à mettre à bas les préjugés racistes au sein des forces de l’ordre. Elle ajoute que les réparations financières et morales devraient couvrir l’ensemble des discriminations subies par les personnes d’ascendance africaine, y compris le racisme environnemental et le racisme qui sévit dans le domaine de la santé publique. M me Barreto estime par ailleurs que les pouvoirs publics devraient porter une attention particulière aux groupes vulnérables, tels que les enfants et les travailleurs domestiques. Les représentants de l’Afrique du Sud, de l’Union européenne, du Brésil et de la Belgique exposent les mesures prises dans leurs pays respectifs pour lutter contre le racisme et la discrimination raciale. Les participants issus de la soci��té civile expriment leurs inquiétudes face aux décès de personnes noires survenus pendant des garde à vue au Royaume-Uni de GrandeBretagne et d’Irlande du Nord, et se disent préoccupés par le racisme environnemental dont sont victimes les Afro-Équatoriens. 18. La troisième table ronde s’est penchée sur les causes profondes du ra cisme structurel, qui ont été examinées à travers le prisme des recours, des réparations, du principe de responsabilité et de la justice. Ursula Doyle, professeure de droit à la Northern Kentucky University, évoque l’incapacité des Nations Unies à combattr e les lois et pratiques Jim Crow qui ont prévalu aux États-Unis entre 1877 et 1965. De cette période, au cours de laquelle la législation américaine était en totale contradiction avec les principes des droits de l’homme énoncés dans la Charte des Nations U nies, on retiendra la ségrégation pratiquée dans les services publics, les obstacles à l’expression du vote, les déplacements forcés, la spoliation de terres, la servitude pour dettes, la location de prisonniers, l’interdiction du « vagabondage », les viols, les actes de torture et le lynchage. L’intervenante explique qu’à l’évidence les organes des Nations Unies n’ont rien fait pour appuyer les requêtes introduites par les Afro Américains. Bien que l’Assemblée générale, tout comme le Conseil de sécurité, l e Conseil économique et social ainsi que la Cour internationale de Justice, soient qualifiés pour s’élever contre les pratiques de discrimination et de ségrégation raciales dont usent différents États – la preuve en est la réaction opposée par les Nations Unies à l’apartheid en Afrique du Sud – ils se sont systématiquement abstenus d’exercer leurs prérogatives pour condamner les lois et pratiques Jim Crow. 19. Le Coordinateur du projet « La Route de l’esclave : résistance, liberté, héritage » de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, Tabue Nguma, analyse la question des réparations sous un angle historique. Il explique que, si l’on veut réparer la négation de la condition humaine des personnes d’origine africaine, de leur histoire et de leurs contributions aux progrès de l’humanité, il faut commencer par rétablir, de manière objective et sans préjugés, la réalité des faits tels qu’ils se sont déroulés des siècles durant. Il souligne également qu’il est important de comprendre et d’admettre que les conséquences de l’esclavage continuent de structurer le présent à travers le racisme. Le fait de mettre fin au racisme structurel et d’offrir à chacun, quelle que soit sa couleur de peau, un traitement équitable dans tous les domaines de la vie est donc une condition indispensable pour « panser les plaies » du présent et pour s’engager collectivement vers un avenir 21-11641 7/26

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