A/78/214 46. Le travail des enfants dans le secteur des voyages et du tourisme présente par ailleurs de nombreuses facettes, dont certaines sont bien cachées. Certains enfants travaillent là où on peut les voir : ils vendent des souvenirs dans la rue ou sur la plage, portent des bagages ou font le service dans des restaurants ou des cafés, entre autres. D’autres travaillent à l’abri des regards du public, s’occupant de la plonge ou du ménage des chambres. D’autres encore sont complètement invisibles, puisqu’ils travaillent dans des salons de massage, des maisons closes ou même chez eux, où ils sont exploités sexuellement 33. On ne dispose pas d’estimations actuelles du nombre total d’enfants employés dans le secteur formel ou informel des voyages et du tourisme, mais on estime qu’environ 25 % des enfants travailleurs travaillent dans le secteur des services à l’échelle mondiale. On retrouve dans ce secteur le personnel des hôtels et des voyagistes, les transporteurs et les porteurs, ainsi qu’un grand nombre d’autres prestataires de services, dont beaucoup travaillent directement ou indirectement pour les touristes 34. Le nombre d’enfants qui travaillent a augmenté en raison des graves difficultés économiques causées par la pandémie de COVID -19, et on estime que 9 millions d’enfants supplémentaires risquent d’y être contraints d’ici à la fin de 2022 35. 47. Les personnes qui se livrent à la traite d’êtres humains utilisent par ailleurs le secteur des voyages et du tourisme à mauvais escient en faisant voyager leurs victimes en avion, en train ou en car et en louant des chambres d’hôtel pour les exploiter 36. Ces personnes suivent les mouvements des voyageurs et répondent à la demande. Aussi les enfants victimes de la traite et des formes modernes d’esclavage sont -ils exploités à des fins diverses, notamment sexuelles et économiques. 48. Les voyages d’affaires et de travail, notamment ceux qui sont effectués dans le cadre de grands projets de développement et d’infrastructure, présentent des risques s’ils créent un environnement où la violence est tolérée aux alentours ou à proximité du lieu d’hébergement, du lieu de travail ou des pôles de transport. Il importe aussi de noter que divers éléments des services de transport peuvent faciliter de la violence contre les enfants, à savoir notamment les cars, les trains, les taxis, les services de transport privés et d’autres services liés au transport, dont ceux qui sont gérés au moyen de plateformes en ligne. 49. Les afflux importants de visiteurs associés aux grandes manifestations sportives ou culturelles sont susceptibles d’accroître les risques pour les enfants. Des enfants et des familles vulnérables risquent même de se retrouver déracinés, lorsque des li eux sont « nettoyés » pour améliorer l’image d’un pays avant un événement majeur 37. Le développement des infrastructures de voyage et de tourisme peut également avoir des conséquences sociales plus larges, en particulier pour les communautés touchées par la pauvreté et l’exclusion sociale. Bien qu’il puisse accroître la prospérité au niveau local, il risque également d’aggraver les problèmes existants en déplaçant des communautés, en perturbant leurs moyens de subsistance ou en pesant sur les services de base 38. L’impact peut être particulièrement fort sur les communautés marginalisées et autochtones. __________________ 33 34 35 36 37 38 14/19 Voir OIT, « It’s not child’s play: forms of child labour in tourism » (n.d.). Disponible à l’adresse https://webunwto.s3-eu-west-1.amazonaws.com/imported_images/36465/ 19thtaskforcemeetingreport2006novgunnilo.pdf. Voir Jeremy S. Goldstein, « CSR best practice for abolishing child labour in the travel and tourism industry », Denver Journal of International Law and Policy, vol. 44, n° 4 (avril 2020). Voir OIT et UNICEF, Child Labour. Voir https://wttc.org/initiatives/sustainable-growth. Hawke et Raphael, Offenders on the Move. Voir Bureau Wyser et UNICEF, Assessment of the Impact of Tourism on Communities and Children in Zanzibar (2018). 23-14372

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