A/HRC/56/48
vie privée et une vie de famille. Il arrive aussi fréquemment qu’elles soient soumises à des
détentions arbitraires et prolongées, n’aient pas de statut migratoire stable 51 et soient
menacées de renvoi et d’expulsion. La prostitution entraîne souvent des violences
psychologiques graves : perte de mémoire, dépression, insomnie, troubles alimentaires,
toxicomanie 52 , identification à l’agresseur, dissociation et état suicidaire, aboutissant
fréquemment au suicide53. Des organisations de terrain expliquent que les conséquences de
la prostitution sur la santé mentale sont similaires à celles de la torture54. D’après une étude
menée dans neuf pays, 68 % des personnes interrogées répondaient aux critères du syndrome
de stress post-traumatique 55 . Les victimes souffrent d’hypervigilance, d’angoisse, d’une
modification de leur intimité et du plaisir sexuel, d’un manque de confiance et d’idées
suicidaires 56 . La prostitution a d’autres conséquences graves sur la santé, comme la
diminution de l’espérance de vie57, l’exposition à des maladies sexuellement transmissibles
et au VIH et des difficultés d’accès aux traitements58. Les femmes et les filles prostituées sont
parfois obligées d’avorter ou de se faire stériliser, ou de subir des grossesses non désirées59.
On constate aussi des cas de détérioration du plancher pelvien, d’infection des voies urinaires,
d’inflammation de la vessie, d’incontinence fécale, d’infertilité, de cancer de l’utérus, de
maladies bucco-dentaires et de troubles du sommeil.
14.
Ces formes de violence et leurs conséquences sont aggravées par plusieurs éléments :
l’absence de protection juridique pour les victimes, l’incapacité de beaucoup d’entre elles à
se considérer comme des victimes 60 , les poursuites visant les prostituées, l’absence de
données ventilées sur les effets de la prostitution61, l’absence de programmes permettant de
sortir de la prostitution, la barrière linguistique, les préjugés sociaux dont elles ou leur famille
font l’objet, la corruption et la complicité des forces de l’ordre et d’autres institutions
publiques, ainsi que la discrimination avalisée par des acteurs étatiques et non étatiques. Des
attitudes comme la xénophobie, le sexisme, le racisme, en particulier à l’égard des femmes
de couleur, la lesbophobie et la transphobie, aggravent la violence contre les victimes 62. Le
très faible nombre de poursuites et de condamnations visant les acheteurs d’actes sexuels est
un autre facteur63. Nombreuses sont les victimes qui craignent en outre des représailles et des
« mesures punitives » de la part de proxénètes ou d’organisations criminelles64.
15.
La violence contre les femmes est très répandue dans la pornographie. Une analyse de
vidéos pornographiques populaires réalisée en 2010 a montré que 88,2 % des scènes
contenaient des actes d’agression physique (bâillonnement, étouffement, strangulation) ;
48,7 % contenaient des insultes verbales dégradantes (comme par exemple « salope »)65. Les
femmes dans le secteur de la pornographie disent souvent avoir été atteintes de gonorrhée
rectale ou au niveau de la gorge, de déchirures dans la gorge, le vagin ou l’anus, ou de
chlamydiose de l’œil66. Les femmes et les filles prostituées sont soumises contre leur gré à
des abus sexuels fondés sur leur image et des pratiques de cyberflashing. Il en va de même
dans la pornographie générée par l’intelligence artificielle. Une analyse montre que plus de
96 % de la pornographie générée par l’intelligence artificielle est produite sans le
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Communication d’Afghan Women EU.
Communication de M. D. Kreuzer.
Communication conjointe de Prostitution Research et Education et al.
Medicos del Mundo, « Prostitucion y trata de seres humanos con fines de explotacion sexual », 2019.
Melissa Farley, Ann Cotton et al., « Prostitution and trafficking in nine countries : an update on
violence and post-traumatic stress disorder », Journal of Trauma Practice, vol. 2, Nos. 3-4.
Communication de Voices of Israeli Sex Trade Survivors.
Communication de Anti-Trafficking Coalition Organizations in India.
Communication du Groupe de référence de l’ONUSIDA sur le VIH et les droits de l’homme.
Communication de COSWA Kenya.
Communications de la Slovénie et de l’Armée du Salut.
Communication du Women’s Support Project.
Communication conjointe de Prout − Beratung et al.
Communication d’Autonomous Women’s Centre.
Communication de la Slovénie.
Ana J. Bridges et al., « Aggression and Sexual Behavior in Best-Selling Pornography Videos :
A Content Analysis Update », Violence Against Women, vol. 16, No. 10, 2010.
Communication de Culture Reframed.
GE.24-08177