A/HRC/55/55
déplacements de populations et de migrations, de nombreux enfants se retrouvent seuls et
sont contraints de travailler dans l’industrie du divertissement pour survivre 42 . Il est par
conséquent impératif que les États fournissent des orientations appropriées aux entreprises
du secteur43. Cette industrie est perçue par beaucoup comme un tremplin vers la célébrité, le
succès et le luxe, et les trafiquants utilisent cette perception pour tromper les enfants et leur
famille en leur faisant miroiter des salaires élevés et une vie meilleure44. Plusieurs situations
dans lesquelles des enfants travaillant comme danseurs ou hôtesses auraient fait l’objet
d’exploitation sexuelle et de violence ont été documentées. Des victimes ont été découvertes
dans des bars, des boîtes de nuit et d’autres lieux accueillant du public. Ces établissements
disposent souvent d’espaces privés dans lesquels des abus peuvent avoir lieu à l’abri des
regards45. De telles pratiques permettent aux trafiquants d’exploiter encore plus les enfants,
qui se retrouvent privés de leur réseau de soutien46. Il a en outre été établi qu’il y avait des
liens étroits entre le secteur du divertissement et l’industrie du tourisme, et notamment que
des enfants travaillaient sans surveillance dans l’industrie du tourisme, principalement en tant
que vendeurs de souvenirs, ce qui pourrait les rendre plus vulnérables à l’exploitation47.
5.
Utilisation abusive des technologies
21.
Des criminels utilisent les technologies pour prendre contact avec des victimes
potentielles à des fins d’exploitation, notamment pour produire des contenus montrant des
abus sexuels sur enfant, par l’intermédiaire du marché commercial du divertissement en
ligne 48 . Des enfants, à qui on fait parfois franchir des frontières clandestinement, sont
exploités dans l’industrie du cybersexe 49 . Souvent, les trafiquants utilisent des services
informatiques interactifs, tels que les réseaux sociaux, pour entrer en contact avec des enfants,
en profitant des connaissances limitées de ces derniers en matière d’utilisation sûre de
l’espace en ligne. Les délinquants utilisent les technologies modernes (applications cryptées,
dark Web) pour contacter des victimes et des clients potentiels. L’anonymat offert par les
services en ligne complique le travail des services répressifs chargés d’enquêter sur les abus
sexuels sur enfants et l’exploitation sexuelle d’enfants facilités par la technologie, d’identifier
les victimes et de leur porter secours50.
B.
Cadre juridique international
22.
Les droits des enfants et les normes minimales relatives à leur protection dans tous les
domaines de la vie sont décrits dans la Convention relative aux droits de l’enfant. L’article 34
de la Convention traite expressément de la protection contre l’exploitation sexuelle et la
violence sexuelle, y compris la participation à des spectacles et à la production de matériel
de caractère pornographique. L’article 13 définit le droit de l’enfant à la liberté d’expression,
y compris sous une forme artistique ou par tout autre moyen. Ce droit n’est toutefois pas
absolu et est soumis à certaines restrictions, nécessaires au respect des droits ou de la
réputation d’autrui ou à la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public et de la santé
ou la moralité publiques.
23.
Aux termes de l’article 5, les États parties sont tenus de respecter le droit et le devoir
qu’ont les parents ou d’autres personnes légalement responsables d’un enfant de donner à
celui-ci, d’une manière qui corresponde au développement de ses capacités, l’orientation et
les conseils appropriés à l’exercice des droits que lui reconnaît la Convention. L’article 16
consacre le droit de l’enfant à la protection contre les immixtions dans sa vie privée, sa
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GE.23-25843
Voir la contribution du Centre d’études sur le leadership et la promotion des droits humains.
Voir Comité des droits de l’enfant, observation générale no 16 (2013) sur les obligations des États
concernant les incidences du secteur des entreprises sur les droits de l’enfant.
Bureau régional pour l’Asie du Sud de l’ONUDC, Compendium of Best Practices on Anti Human
Trafficking by Non Governmental Organizations (New Delhi, 2008), p. 144 à 146.
Global Report on Trafficking in Persons 2022 (publication de l’ONU, 2022), p. 35.
Voir la contribution de l’ONUDC.
Voir la contribution de Foundation ECPAT International.
Voir la contribution de l’ONUDC.
Voir la contribution de Jubilee Campaign.
Ibid.
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