A/RES/79/158
Mariages d’enfants, mariages précoces et mariages forcés
capacité des États à atteindre les objectifs de développement durable, notamment la
cible 5.3, d’ici à 2030,
Notant qu’au rythme où vont les choses, les mariages d’enfants, les mariages
précoces et les mariages forcés ne seront pas éliminés d’ici à 2030, car, outre les
12 millions de cas dénombrés chaque année, la pandémie de COVID -19 devrait
entraîner jusqu’à 10 millions de cas supplémentaires, qui auraient autrement été évités
entre 2020 et 2030, et notant également que les répercussions des catastrophes
naturelles, les effets préjudiciables des changements climatiques, les situations
d’urgence humanitaire et les conflits armés pourraient en augmenter encore le
nombre, le risque étant particulièrement élevé pour les filles qui sont issues de
ménages pauvres, qui vivent dans des zones rurales ou reculées ou dans des zones
touchées par un conflit ou qui se trouvent en situation de crise humanitaire ou
d’abandon scolaire,
Sachant que les menaces sanitaires mondiales, les changements climatiques, la
perte de biodiversité, la dégradation de l’environnement, la fréquence et l’intensité
des catastrophes naturelles, les conflits armés, l’extrémisme violent pouvant conduire
au terrorisme, et les situations d’urgence humanitaire qui y sont liées, et le
déplacement forcé de personnes ont des répercussions particulièrement néfastes sur
les femmes et les filles, notamment sur celles qui sont en situation de handicap, et
considérant que la pauvreté, y compris la féminisation de la pauvreté, l’insécurité, les
grossesses précoces ou non désirées et le manque d’accès à une éducation de qualité
font aussi partie des causes premières des mariage d’enfants, des mariages précoces
et des mariages forcés,
Profondément alarmée par les informations faisant état de l’enlèvement, de la
traite et de la conversion religieuse forcée de femmes et de filles, y compris celles
appartenant à des minorités religieuses, par des groupes armés et d’autres acteurs non
étatiques, dans le contexte des mariages d’enfants, des mariages précoces et des
mariages forcés,
Constatant que, dans certaines régions et dans certains cas, la pratique des
mariages d’enfants, des mariages précoces et des mariages forcés peut prendre la
forme d’arrangements, notamment des unions informelles, qui ne sont ni officialisés,
ni enregistrés, ni reconnus par les autorités religieuses, coutumières ou étatiques, et
considérant que ces arrangements doivent être pris en considération et abolis dans les
politiques et programmes visant à prévenir, à combattre et à éliminer les mariages
d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés et qu’un redoublement
d’efforts visant à recueillir des données et des informations ventilées de qualité sur
ces arrangements aidera à concevoir des moyens d’intervenir auprès des femmes et
des filles concernées,
Notant avec inquiétude que la discrimination fondée sur le genre, les inégalités
et les stéréotypes de genre, les pratiques, les représentations et les coutumes néfastes,
les attitudes et structures patriarcales et les normes sociales discriminatoires qui
considèrent que les femmes et les filles sont inférieures aux hommes et aux garçons
font non seulement obstacle au plein exercice des droits humains et à
l’autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles mais sont également
parmi les premières causes des mariages d’enfants, des mariages précoces et des
mariages forcés dont la persistance fait courir aux enfants, en particulier aux filles,
un plus grand risque d’être exposés à diverses formes de discrimination et de violence
ou d’en être la cible tout au long de leur vie,
Notant avec inquiétude également que les mariages d’enfants, les mariages
précoces et les mariages forcés restent courants dans les zones rurales et parmi les
populations les plus pauvres et qu’ils ont augmenté dans ces populations ces
10 dernières années, constatant qu’il existe une corrélation entre les mariages
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