A/RES/79/158
Mariages d’enfants, mariages précoces et mariages forcés
jouer dans l’élimination des normes sociales préjudiciables et des pratiques
coutumières ou traditionnelles néfastes et dans la lutte contre les inégalités de genre,
et considérant en outre que l’autonomisation des filles, y compris des filles déjà
mariées, exige qu’elles participent activement et véritablement à la prise de décisions
pour toutes les questions qui les concernent et qu’elles soient des actrices du
changement, tant pour elles-mêmes que pour leur communauté, y compris dans le
cadre des organisations de femmes et des organisations dirigées par des filles, et avec
l’appui et l’engagement concrets de leurs parents, de leurs tuteurs légaux, de leurs
familles, des personnes qui s’occupent d’elles, des garçons et des hommes, ainsi que
de la société dans son ensemble,
Considérant en outre qu’il faut venir en aide aux femmes et aux filles qui ont
été victimes d’un mariage d’enfants, d’un mariage précoce ou d’un mariage forcé,
ainsi qu’à leurs enfants, et soulignant qu’il importe d’éliminer les obstacles
structurels et la discrimination qui les empêchent d’avoir accès à des services qui
répondent à leurs besoins particuliers, notamment les services d’éducation, de
protection sociale et de santé, y compris les services de santé sexuelle et procréative,
Constatant avec une vive préoccupation que les mariages d’enfants, les
mariages précoces et les mariages forcés touchent de manière disproportionnée les
filles qui ont eu peu ou pas d’instruction, formelle ou informelle, ou dont l’éducation
a été interrompue, que ces pratiques en elles-mêmes compromettent fortement les
possibilités d’éducation des filles et des jeunes femmes et les empêchent d’acquérir
des qualifications professionnelles ou des compétences pratiques, en particulier celles
qui sont contraintes d’abandonner l’école parce qu’elles sont enceintes, se marient,
accouchent ou doivent s’occuper de leurs enfants ou d’autres personnes dans le foyer
ou assumer des soins et travaux domestiques non rémunérés, ou qui sont stigmatisées
parce qu’elles ont leurs règles ou soumises à des stéréotypes de genre ou des normes
sociales négatives confinant les femmes et les filles mariées à l’espace domestique,
et que les possibilités d’éducation sont directement liées à la réalisation de l’égalité
des genres et à l’autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles et au plein
exercice de tous leurs droits humains et à l’emploi des femmes et des filles et aux
débouchés économiques qui leur sont offerts, ainsi qu’à leur participation pleine,
égale, effective et véritable au développement économique, social et culturel, à la
gouvernance et à la prise de décisions,
Consciente que les filles, en particulier les adolescentes, notamment les plus
pauvres, celles touchées par les conflits armés ou les catastrophes, y compris les
déplacées et les réfugiées, celles qui vivent dans des zones rurales ou reculées et celles
qui se trouvent en situation de vulnérabilité, courent un plus grand risque
d’abandonner l’école et de ne pas y retourner et de se retrouver ainsi plus exposées à
la pauvreté, aux mariages d’enfants, aux mariages précoces et aux mariages forcés,
aux grossesses précoces, à la mutilation génitale féminine et à toutes les formes de
violence, notamment à la violence sexuelle,
Notant avec inquiétude que, en raison des fermetures d’écoles, la pandémie de
COVID‑19 a mis en évidence l’existence d’une fracture numérique, aussi bien entre
pays développés et pays en développement qu’à l’intérieur d’un même pays,
notamment d’une fracture numérique entre les genres et de grandes disparités dans la
disponibilité des supports d’apprentissage, comme l’accès à Internet et aux outils de
communication, en particulier dans les zones rurales ou reculées, et constatant que,
l’apprentissage virtuel devenant de plus en plus courant, de nombreuses écoles,
surtout dans les pays en développement, n’ont ni les technologies ni le matériel dont
elles auraient besoin pour pratiquer l’enseignement à distance, de sorte que l’accès à
une éducation de qualité est limité ou inexistant pour de nombreux enfants, en
particulier les filles en situation de vulnérabilité, comme celles issues de familles
pauvres ou vivant dans des zones rurales ou reculées, qui ont beaucoup moins de
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