A/HRC/RES/55/9
Considérant le rôle primordial, le mandat, les compétences et la spécialisation qu’a
l’Organisation internationale du Travail au sein du système des Nations Unies et grâce à sa
structure tripartite et à son système de contrôle uniques, s’agissant de promouvoir le travail
décent et le plein emploi, productif et librement choisi pour tous, et rappelant les initiatives
et les activités menées par l’Organisation à cet égard, notamment le Programme relatif à un
travail décent et les initiatives du centenaire de l’Organisation,
Prenant note des travaux menés par les organes créés en vertu d’instruments
internationaux relatifs aux droits de l’homme, en particulier le Comité des droits
économiques, sociaux et culturels, dans le domaine du droit au travail,
Prenant note également de l’action que mènent les organismes, fonds et programmes
des Nations Unies, en particulier l’Organisation internationale du Travail, pour aider les États
à promouvoir une croissance économique inclusive et soutenue, le plein emploi, productif et
librement choisi, un travail décent pour tous et la pleine réalisation du droit au travail, et
constatant les importantes contributions qu’apporte l’Entité des Nations Unies pour l’égalité
des sexes et l’autonomisation des femmes à la réalisation du droit au travail pour les femmes,
Réaffirmant que tous les droits de l’homme, civils, culturels, économiques, politiques
et sociaux, y compris le droit au développement, sont universels, indivisibles,
interdépendants et indissociables, qu’ils se renforcent mutuellement et doivent être
considérés comme d’égale importance, et qu’il faut se garder de les hiérarchiser ou d’en
privilégier certains,
Soulignant que les États devraient s’engager à garantir que le droit au travail soit
exercé sans discrimination aucune fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion,
l’opinion politique ou toute autre opinion, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la
naissance, le handicap ou toute autre situation,
Soulignant également que le droit au travail est non seulement essentiel à la réalisation
d’autres droits de l’homme, mais aussi inhérent à la dignité humaine et à la justice sociale, et
qu’il est important pour ce qui est d’assurer la satisfaction des besoins et le respect des valeurs
qui sont nécessaires à une vie digne,
Considérant que, d’une part, le développement de l’automatisation rendu possible par
les technologies de pointe, notamment la robotique et l’intelligence artificielle, est porteur de
la promesse d’une hausse de la productivité, de la création d’emplois, d’une amélioration des
services et d’un bien-être accru, visant à renforcer l’inclusion sociale, et que, d’autre part, il
comporte des défis qui peuvent avoir de plus vastes répercussions sur les emplois, les
compétences, les salaires et la nature du travail lui-même, qui peuvent varier
considérablement d’une région à l’autre et d’un pays à l’autre, ce qui pourrait avoir des
conséquences pour les personnes qui sont mal équipées pour la transition, notamment les
personnes vulnérables ou marginalisées,
Considérant également que les changements climatiques constituent une menace
existentielle pour tous et qu’ils entravent déjà l’exercice plein et effectif des droits de
l’homme consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme, y compris le droit
au travail,
Conscient que les travailleurs et les communautés touchés par l’action et la riposte
face aux changements climatiques et par les effets de ces changements dans le contexte
d’économies durables et inclusives devraient être couverts par la protection sociale, par des
investissements plus larges destinés à créer des débouchés économiques et par une formation
et une assistance appropriées pour les demandeurs d’emploi, en vue d’assurer une transition
juste,
Rappelant que l’Accord de Paris tient compte des impératifs d’une transition juste
pour la population active et de la création d’emplois décents et de qualité conformément aux
priorités de développement définies au niveau national,
Réaffirmant que les systèmes de sécurité sociale peuvent contribuer à appuyer une
transition juste et à réduire autant que possible les effets des pertes d’emplois, en offrant un
accès à l’éducation continue, en améliorant les débouchés sur le marché du travail et en
assurant la transition des personnes vers les emplois durables nouvellement créés,
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GE.24-06221