A/81/133 capacitisme. Les handicaps physiques, sensoriels, intellectuels et psychosociaux peuvent accroître la dépendance vis-à-vis des membres de la famille, des partenaires intimes, des personnes aidantes ou des institutions, créant ainsi des conditions propices au contrôle coercitif, à la négligence, à l’exploitation économique et aux maltraitances, avec peu de possibilités de s’en sortir ou de dénoncer ces situations 137. La violence peut notamment prendre la forme d’un refus de fournir des médicaments, des aides techniques, de la nourriture ou des soins personnels, d ’une atteinte à l’autonomie dans les décisions médicales et financières, d’un placement en institution contre la volonté de la personne concernée, ainsi que du recours à des mesures de contention physiques ou chimiques dans les établissements de soins. Dans le cas des femmes très âgées souffrant de troubles cognitifs graves, on considère souvent à tort que les atteintes sexuelles ne leur causent que peu ou pas de préjudice 138. Elles se heurtent également à des obstacles importants pour accéder à la justice et à l ’aide, notamment des mécanismes de signalement inaccessibles, des barrières de communication, l’absence d’aménagements raisonnables et le fait de devoir dépendre des auteurs des faits pour accéder aux services ou donner suite à leurs plaintes 139. I. Les femmes incarcérées 50. Les détenues âgées ont des besoins accrus en matière de santé, de mobilité et de soins, auxquels les systèmes pénitentiaires ne répondent pas la plupart du temps 140. Les conditions de vie dans les cellules, l’inaccessibilité des installations sanitaires, l’emplacement des services aux étages supérieurs et la répartition des espaces communs sur plusieurs niveaux peuvent entraver considérablement la mobilité et accroître le risque de chutes et de blessures 141. La confiscation des effets personnels, y compris des lunettes, empêche les détenus âgés de lire des documents 142. Les lieux de détention sont souvent bruyants et manquent d’intimité, ce qui affecte particulièrement les femmes qui ont du mal à dormir pendant la ménopause 143 . Les femmes âgées condamnées à la prison à perpétuité souffrent tout particulièrement de l ’angoisse de ne pas pouvoir renouer le contact avec leur famille ni se réconcilier avec elle, ainsi que de la peur de mourir en prison 144. J. Les leadeuses des minorités, les défenseuses des droits humains et les leadeuses politiques 51. Les femmes âgées qui défendent les droits fonciers 145 et la démocratie peuvent être victimes de persécutions, de menaces et de répression. Les personnes qui recherchent des proches victimes de disparitions forcées, notamment au Sri Lanka 146, en Argentine ou au Mexique 147, risquent de subir des représailles. Les femmes âgées emprisonnées en raison de leurs activités politiques, comme c’est le cas au Bélarus, peuvent se retrouver incarcérées dans des conditions inhumaines, coupées du monde __________________ 137 Contribution de l’Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés. Contribution de Collective Shout. 139 Contribution de l’Ontario (Canada). 140 Voir https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30943874/. 141 Contribution confidentielle. 142 Contribution de Legal Initiative. 143 Voir https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/17455057251392754#bibr25 17455057251392754. 144 Voir https://journals.sagepub.com/doi/10.2190/om.60.1.c?url_ver=Z39.88 -2003&rfr_id= ori:rid:crossref.org&rfr_dat=cr_pub%20%200pubmed. 145 Contribution de Global Forum of Communities Discriminated on Work and Descent. 146 Voir https://www.ohchr.org/en/stories/2024/05/legacy-enforced-disappearances-haunts-sri-lanka. 147 A/HRC/62/49, par. 28. 138 26-09992 15/29

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