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spécificités de la violence à l’égard des femmes âgées privée 89 et risquent d’y voir
seulement une affaire 90.
35. Selon les estimations, entre une victime âgée sur cinq et trois sur cinq
présenteraient un trouble cognitif ou psychologique 91, de sorte que leur témoignage
est souvent écarté et qu’il est difficile pour elles de s’y retrouver dans des procédures
judiciaires complexes. L’abus de tutelle, lorsqu’une femme âgée est privée,
partiellement ou totalement, de sa capacité juridique, limite considérablement ses
possibilités de recours juridique et risque d’entraîner une manipulation du système
judiciaire 92. En raison de l’éloignement géographique, les services d’aide juridique,
les tribunaux et les organismes d’aide ne sont souvent accessibles que dans les centres
urbains 93. En particulier dans les affaires impliquant des auteurs adultes issus de la
famille, la responsabilité n’est souvent pas établie, les victimes étant détournées des
mécanismes judiciaires au profit de dispositifs d’accompagnement 94.
36. Le coût élevé des procédures judiciaires, notamment les frais de représentation
juridique, de transport et de dépôt de dossier, pèse de manière disproportionnée sur les
femmes âgées 95. Les obstacles liés aux documents officiels sont également importants,
car de nombreuses femmes âgées, notamment les femmes roms, ne disposent pas des
actes de naissance, des pièces d’identité ou des justificatifs de domicile requis 96. Les
retards pris dans la collecte des éléments de preuve ou la durée des auditions posent
un problème lorsque les femmes sont atteintes d’une maladie évolutive ; certaines
d’entre elles risquent en effet de ne pas vivre assez longtemps pour obtenir justice 97.
V. Les groupes de femmes à haut risque
37. Certains groupes de femmes âgées sont particulièrement exposés à la violence
et à la discrimination. Il s’agit notamment, mais pas exclusivement, des groupes de
femmes suivants:
A.
Les veuves
38. Les veuves sont souvent des femmes d’un certain âge. Par exemple, en Inde,
48 % des femmes de plus de 60 ans sont veuves, contre 16 % des hommes 98. Elles
peuvent voir leur statut social baisser ou se retrouver davantage dépendantes de
certains hommes parmi les membres de leur famille, et l’on attend d’elles qu’elles se
retirent de la vie publique et qu’elles cèdent leur pouvoir de décision à des membres
de la famille qui sont plus jeunes qu’elles 99. À Vrindavan (Inde), souvent surnommée
la « ville des veuves », bon nombre des 15 000 à 20 000 femmes démunies qui y
résident après avoir été abandonnées par leur famille n’ont d’autre choix que de
mendier pour survivre 100.
__________________
89
Contribution de l’Université de Malte.
Contribution du Centre d’impact social de l’Albanie.
91
Contribution du Canada.
92
Voir A/HRC/57/42.
93
Contribution de Juan Didier Pierre.
94
Contribution conjointe de l’Open University et d’autres organisations.
95
Contribution de l’Institut pour les droits de l’homme et le développement en Afrique.
96
Contribution du Global Forum of Communities Discriminated on Work and Descent.
97
Contribution de Collective Shout.
98
Contribution de l’Association of People with Disability.
99
Contribution du Royal Melbourne Institute of Technology (université RMIT).
100
Voir https://www.bbc.com/travel/article/20160907-the-widows-who-cant-return-home.
90
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