A/HRC/42/59
69.
Le Groupe de travail reconnaît que la collecte de données ventilées et la
disponibilité de données ouvertes ont suscité un intérêt public pour des analyses plus
approfondies et plus critiques des disparités raciales bien ancrées et des résultats
racialement biaisés qui pénalisent systématiquement les personnes d’ascendance
africaine. Ces analyses ont permis de mieux comprendre les facteurs qui sont à
l’origine de la persistance des préjugés raciaux et des disparités raciales.
70.
Le Groupe de travail considère qu’il importe que les États Membres accordent
la priorité aux questions de l’ouverture des données, de l’accès public et de
l’amélioration de la diversité parmi les spécialistes des données.
71.
Il reste que les systèmes de données et les algorithmes sont conçus
fonctionnent de telle manière que, bien souvent, ils intègrent, dissimulent
perpétuent le racisme. Le Groupe de travail se dit préoccupé par le fait que
phénomène est considéré comme un prix acceptable à payer pour disposer
solutions efficaces de gestion de données.
et
et
ce
de
72.
Le Groupe de travail tient à souligner que les techniques de maintien de l’ordre
entachées de préjugés, comme celle fondée sur la théorie des « carreaux cassés », les
palpations de sécurité aléatoires et la collecte de renseignements identificatoires,
contribuent à produire des données de police biaisées. L’application d’anciens
ensembles de données dans de nouvelles analyses et l’utilisation de techniques de
maintien de l’ordre entachées de préjugés pour produire de nouvelles données
constituent de graves menaces pour les droits de l’homme.
73.
Le Groupe de travail constate avec préoccupation qu’à peu près aucun effort
n’a été fait pour que les préjugés raciaux présents dans l’ensemble de la société ne
soient pas intégrés dans les algorithmes, le codage et les produits commerciaux et
militaires fondés sur des données, comme les logiciels de reconnaissance faciale, les
systèmes d’armes autonomes et les programmes de ciblage par « frappe signature ».
74.
Le Groupe de travail comprend l’influence continue des mentalités, comme les
préjugés raciaux, qui orientent certains discours et demeurent ancrées dans les
processus décisionnels, et reconnaît l’importance de mettre ces mentalités en évidence
pour atténuer leurs effets, en particulier dans les algorithmes informatiques qui sont
parfois dépourvus de capacité de réflexion ou de dispositif de contrôle indépendant
efficace.
75.
Le Groupe de travail fait observer que les personnes d’ascendance africaine ont
toujours fait l’objet d’expérimentations et, notamment, d’une collecte de données et
d’une surveillance sans leur consentement. Il s’inquiète de ce que l’on retrouve des
formes similaires d’exploitation et d’expérimentation par le biais des médias sociaux
et d’autres initiatives ayant trait aux mégadonnées.
76.
Le développement de nouvelles technologies doit se caractériser par un
engagement ferme en faveur des droits de l’homme et de la dignité humaine. Il
faudrait veiller à ce que le recours à des algorithmes pour déterminer des risques,
repérer des actes répréhensibles et mener des opérations ne porte pas atteinte aux
droits fondamentaux des personnes d’ascendance africaine.
77.
Le Groupe de travail souligne l’importance des données rétrospectives pour les
personnes d’ascendance africaine qui ont perdu leur famille, leur culture et leur
identité dans la traite transatlantique d’esclaves africains. Ces données ont eu un
pouvoir libérateur et permis aux personnes d’ascendance africaine de la diaspora de
connaître la vérité, de découvrir leur histoire et d’envisager des voies de réparation et
de réconciliation.
78.
Le Groupe de travail constate en outre que la réussite économique, même
lorsqu’elle est fondée sur l’exploitation et l’esclavage, est depuis toujours reconnue
comme un élément valorisant plutôt que disqualifiant ; que les pays, les personnages
historiques importants, les institutions, l’Église et les universités se sont enrichis et ont
acquis un certain statut grâce à l’esclavage des personnes d’ascendance africaine ; et
que le risque associé à cette dynamique d’exploitation subsiste aujourd’hui.
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GE.19-13932