A/HRC/42/59
97.
Le Groupe de travail demande aux États Membres et à la société civile
d’examiner les données et les analyses fondées sur des préjugés raciaux qui ont
contribué à l’incarcération massive, à la surveillance excessive et à la prise pour cible
des membres des communautés d’ascendance africaine, et de faire en sorte que ces
préjugés ne soient pas intégrés dans des systèmes d’algorithmes informatiques.
98.
Le Groupe de travail invite les États Membres à veiller à ce que les manuels
scolaires et autres supports pédagogiques relatent exactement les faits historiques se
rapportant à des tragédies et exactions passées et tout particulièrement à la traite
transatlantique des esclaves africains et au colonialisme, de façon à éviter les
stéréotypes ainsi que la distorsion et la falsification de ces faits historiques, qui
peuvent conduire au racisme, à la discrimination raciale, à la xénophobie, à
l’afrophobie et à l’intolérance qui y est associée.
99.
Le Groupe de travail prie instamment les États d’adopter une approche de la
gestion des données fondée sur les droits de l’homme. Les données doivent contribuer
à l’élaboration de lois, de politiques et d’autres mesures visant à lutter contre le
racisme, la discrimination raciale, l’afrophobie, la xénophobie et les formes
apparentées d’intolérance à l’égard des personnes d’ascendance africaine. Le Groupe
de travail exhorte les États à travailler en collaboration avec les personnes
d’ascendance africaine plutôt que pour ces personnes s’agissant de traiter les
questions les concernant.
100. Le Groupe de travail prie instamment les institutions de financement et de
développement d’élaborer des politiques et des programmes assortis d’objectifs clairs,
précis et mesurables pour le développement des personnes d’ascendance africaine.
Ces politiques et programmes doivent se fonder sur des données concrètes et être
conformes à la Déclaration et au Programme d’action de Durban, à la Décennie
internationale des personnes d’ascendance africaine et aux objectifs de développement
durable.
101. Le Groupe de travail recommande que les États Membres inscrivent à l’ordre
du jour de la Commission de statistique de l’ONU la nécessité de disposer de données
sur les personnes d’ascendance africaine.
102. Le Groupe de travail recommande que les gouvernements, les entreprises et la
société civile appliquent les Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits
de l’homme afin de prévenir les atteintes aux droits de l’homme dont sont victimes les
personnes d’ascendance africaine dans l’exercice d’activités commerciales, y compris
par des entreprises du secteur des technologies, de lutter contre de telles atteintes et
d’y remédier. Il encourage en outre la prise en compte des droits de l’homme des
personnes d’ascendance africaine dans le débat sur la collecte et l’utilisation de
données à des fins commerciales. Le Forum sur les entreprises et les droits de
l’homme offre une possibilité à cet égard.
103. Le Groupe de travail recommande à tous les États Membres, aux organisations
régionales et internationales, aux fonds, programmes et institutions spécialisées des
Nations Unies, aux organisations de la société civile et aux autres acteurs concernés de
mettre en œuvre la Déclaration et le Programme d’action de Durban, ainsi que le
programme d’activités relatives à la Décennie internationale des personnes
d’ascendance africaine.
GE.19-13932
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