A/HRC/42/59 de Mme Day, M. Sunga a demandé à celle-ci d’évaluer les différentes méthodes de collecte de données. M. Reid a souhaité connaître les difficultés rencontrées pour cartographier les données. Sabelo Gumedze, membre du Groupe de travail, a demandé d’où provenaient les données fournies et comment des données issues de sources différentes pouvaient être harmonisées. Mme Day a répondu que les données et les informations reçues jusqu’alors n’étaient pas contradictoires et étaient, dans l’ensemble, corroborées les unes par les autres. Elle a indiqué que le Groupe de travail continuait de recevoir des communications et a fait le point sur les différents types de renseignements reçus, dont des données statistiques, des récits, des documents de politique générale et des résultats de recherches. Le Groupe de travail s’employait, pour l’heure, à faire la synthèse des informations reçues. Un représentant de la société civile a préconisé d’inclure dans le rapport des recommandations de politique générale fondées sur l’analyse des données communiquées. 28. La deuxième réunion-débat était consacrée aux personnes d’ascendance africaine en Amérique latine et dans les Caraïbes. M. Reid a fait un exposé sur les obstacles structurels historiques hérités du colonialisme qui continuaient, aujourd’hui encore, de faire des ravages dans les pays des Caraïbes. Lorsqu’on examinait les conséquences socioéconomiques néfastes du colonialisme dans plusieurs anciennes colonies, la comparaison de l’indice de développement humain des anciens États coloniaux de l’Ouest et des anciens pays colonisés des Caraïbes montrait que les anciens États coloniaux occupaient les premiers rangs, tandis que les anciennes colonies se situaient en queue de peloton. Cet écart était sans doute dû à l’exploitation coloniale. Pendant la période coloniale, la région des Caraïbes avait constitué un gisement de ressources, mais la richesse générée par le travail des esclaves africains n’avait pas été investie dans les pays des Caraïbes et avait au contraire servi à soutenir l’industrialisation des pays européens. 29. German Freire, spécialiste du développement social au sein du Groupe de la Banque mondiale et auteur principal du rapport de la Banque intitulé Afro-Descendants in Latin America: Toward a Framework of Inclusion (2018) a présenté ce rapport. Il a souligné les problèmes afférents aux droits de l’homme auxquels se heurtaient les personnes d’ascendance africaine, y compris le fait qu’elles représentaient 50 % des personnes vivant dans la pauvreté alors qu’elles ne constituaient que 25 % de la population d’Amérique latine. Cherchant à comprendre les raisons du manque d’inclusion de ces personnes, il a mis en évidence trois facteurs : les localités dans lesquelles elles vivaient, leur participation aux marchés du travail et leur accès à l’éducation. Entre 2005 et 2015, l’Amérique latine avait vu la pauvreté reculer au niveau régional, mais les personnes d’ascendance africaine n’en avaient pas bénéficié autant que les autres. Ces personnes couraient un risque 2,5 fois plus élevé que les autres Latino-Américains de vivre dans la pauvreté chronique. Le racisme systémique enraciné dans l’organisation de l’enseignement de divers pays d’Amérique latine, qui se traduisait par la marginalisation des personnes d’ascendance africaine, était un autre sujet de préoccupation. Ainsi marginalisées, ces personnes participaient moins au système éducatif et finissaient par abandonner leurs études, ce qui réduisait fortement leurs chances d’obtenir des emplois mieux rémunérés. 30. Le troisième intervenant, Pastor Elias Murillo Martínez, membre du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, s’est également penché sur le décalage entre le nombre des personnes d’ascendance africaine dans les Amériques et leur faible représentation dans l’administration. Il fallait accroître cette représentation, car la justice supposait que les personnes d’ascendance africaine participent à la vie publique et occupent des postes d’autorité dans la fonction publique. Les mesures spéciales étaient certes un moyen d’accroître la représentation de ces personnes dans l’administration, mais il fallait aussi que les élus d’ascendance africaine s’unissent, par-delà les partis, et même par-delà les États-nations, pour s’attaquer aux déficits sociaux et économiques dont souffraient les communautés d’ascendance africaine. 31. Au cours du débat, Mme Day a demandé à M. Reid si l’on avait estimé la valeur économique de l’exploitation qui prévalait dans les Caraïbes pendant la période visée par ses recherches. M. Reid a répondu que des documents détaillaient les profits que certaines personnes et familles avaient tirés de l’esclavage et de la traite de personnes réduites en esclavage. Verene Shepherd, membre du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, a demandé à M. Reid s’il avait été possible, lors de la visite de pays du Groupe de 8 GE.19-13932

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