A/HRC/42/59
et avaient produit des données sur les crimes de haine, l’afrophobie et les minorités
ethniques. Toutefois, le contexte politique, y compris parmi les minorités, n’était pas
propice à la collecte de données sur l’appartenance ethnique. Un certain nombre de groupes
minoritaires avaient été officiellement reconnus, mais ce n’était pas encore le cas pour les
personnes d’ascendance africaine. La lutte contre le racisme au sein de l’Union européenne
était généralement menée dans le cadre de l’intégration des migrants et des Roms, et il y
avait donc des lacunes dans la lutte contre les inégalités dont souffraient les personnes
d’ascendance africaine. Sur le plan juridique, les données collectées dans l’Union
européenne étaient fondées sur l’origine nationale et sur l’histoire particulière de chacun
des pays et la relation que chacun entretenait avec l’Afrique. De plus, les données sur
l’origine raciale, lorsqu’elles étaient recueillies, étaient rarement fondées sur l’autoidentification. Les organismes chargés de la collecte des statistiques, tels que la Division de
statistique de l’ONU, Eurostat et les organismes nationaux de lutte contre les
discriminations, devaient également revoir leurs méthodes de collecte de données de sorte à
y inclure des données ventilées.
36.
Au cours du débat, M. Gumedze a demandé comment on pouvait encourager les
États Membres à recueillir des données qui permettraient d’éclairer des changements
d’orientation en faveur des personnes d’ascendance africaine. M. Balcerzak a dit que l’on
pouvait considérer le droit souple et les recommandations comme un moyen d’avancer,
alors que l’instauration d’obligations plus strictes nécessiterait probablement un traité et
pourrait ne pas être réaliste. Il a ajouté que les initiatives régionales seraient peut-être un
meilleur moyen d’aborder la question. M. Reid a demandé à M. Bell si le taux d’arrestation
des personnes noires était supérieur à la moyenne dans toutes les régions du Royaume-Uni.
M. Bell a répondu qu’aucune tendance ne se dessinait à ce sujet. Les régions où la densité
de la population noire était faible présentaient également des taux d’arrestation plus élevés
chez les Noirs. Mme Shepherd, répondant à une question de Mme Latcheva, a dit que les
populations noires du passé n’avaient pas été incluses dans l’étude.
37.
La quatrième réunion-débat a porté sur les personnes d’ascendance africaine en
Amérique du Nord. La première intervenante, Mme Day, a axé son exposé sur la justice
raciale en Amérique du Nord et notamment sur la façon dont on pouvait utiliser les données
pour cerner les différents domaines dans lesquels il y avait des injustices. Elle a préconisé
que la société civile ait accès aux ensembles de données des pouvoirs publics qui pourraient
aider à mettre en évidence la violence raciale et le terrorisme racial, et soit autorisée à
contribuer à l’élaboration de solutions visant à atténuer ces problèmes. Récemment, certains
gouvernements avaient eu tendance à supprimer l’accès à des ensembles de données
essentiels pour la lutte contre la discrimination raciale, voire à effacer complètement ces
données. Il en était ainsi, par exemple, pour les données sur les changements climatiques,
auxquelles la société civile n’avait plus accès, alors que les effets des changements
climatiques touchaient les personnes d’ascendance africaine de façon disproportionnée.
Autre sujet de préoccupation : le déploiement récent de systèmes automatisés et de
l’intelligence artificielle qui étaient essentiellement conçus pour les Blancs et qui pouvaient
donc avoir des répercussions négatives sur les personnes d’ascendance africaine. Par
exemple, le taux de reconnaissance des êtres humains par les véhicules autonomes était de
10 % inférieur à la norme pour les personnes d’ascendance africaine, ce qui exposait ces
personnes à des risques indus et mettait leur vie en danger. Mme Day a également souligné
l’incapacité de la technologie de reconnaissance faciale à reconnaître les personnes
d’ascendance africaine et leur sexe, ce qui aggraverait la déshumanisation.
38.
Karen Thompson, du Conseil œcuménique des Églises, a parlé des défis auxquels
étaient confrontées les personnes d’ascendance africaine en Amérique du Nord. En 2018,
25 % des 1 166 personnes tuées par la police aux États-Unis étaient d’ascendance africaine,
alors que les personnes d’ascendance africaine ne représentaient que 13 % de la population
totale aux États-Unis. On avait constaté la même disparité dans les interventions de la
police à Toronto (Canada) où dans 7 cas sur 10, les tirs mortels de la police avaient tué une
personne d’ascendance africaine alors que ces personnes ne représentaient que 8,2 % de la
population. Les sanctions à motivation raciale ne caractérisaient pas seulement les polices
modernes : on les retrouvait aussi dans l’enseignement préscolaire. Selon une étude récente
du bureau des droits civils du Département de l’éducation des États-Unis, 40 % des enfants
ayant fait l’objet de plus d’un renvoi temporaire étaient d’ascendance africaine, alors que
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GE.19-13932