A/HRC/42/59
travail et la situation en matière de droits de l’homme des personnes d’ascendance africaine
dans le monde. Elle a également été l’occasion d’analyser de manière exhaustive les
différents points d’intersection entre les mégadonnées et la justice (et l’injustice) raciale à
travers le monde.
25.
À la première réunion-débat, le Président du Groupe de travail a présenté le projet de
rapport thématique sur les stéréotypes raciaux négatifs visant les personnes d’ascendance
africaine. Il a insisté sur la fréquence des stéréotypes raciaux dans la vie quotidienne,
notamment dans les publicités, sur les médias sociaux et dans les systèmes de justice
pénale, notamment. Dans la sphère politique, l’utilisation de stéréotypes raciaux à des fins
politiciennes tendait à se généraliser et était particulièrement toxique. Les préjugés raciaux
avaient un impact systémique tel sur la jouissance et l’exercice des droits fondamentaux
que même si les pays étaient différents, les personnes d’ascendance africaine se heurtaient
aux mêmes problèmes. Cela donnait à penser que l’un des facteurs sous-jacents essentiels
des préjugés raciaux était la suprématie blanche ou une conceptualisation de la blancheur
s’appuyant sur des stéréotypes toxiques concernant les personnes d’ascendance africaine et
destinés à préserver la valeur de la blancheur et à offrir moins de possibilités et accorder
moins de droits aux personnes d’ascendance africaine. Le Président a donné à cet égard
plusieurs exemples de propos racistes tenus par des membres de la classe politique, de
pratiques culturelles reposant sur l’utilisation de visages noirs, de caricatures, et de
publicités dans les médias qui, tous, perpétuaient des stéréotypes raciaux à l’égard des
personnes d’ascendance africaine. Les stéréotypes raciaux négatifs et l’effet cumulatif de la
discrimination fondée sur la race étaient des éléments déterminants pour de nombreuses
personnes d’ascendance africaine dans le monde et constituaient des obstacles structurels et
systémiques à la réalisation des objectifs de développement durable.
26.
La Vice-Présidente du Groupe de travail a fait le point sur les efforts déployés par le
Groupe de travail pour rassembler toutes les données et analyses disponibles afin de les
cartographier et d’établir un rapport de référence sur la situation en matière de droits de
l’homme des personnes d’ascendance africaine. L’objectif de ce rapport était de gagner en
visibilité, de déceler les lacunes et de guider la formulation de politiques et d’actions visant
à prévenir, combattre et éliminer le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie,
l’afrophobie et l’intolérance qui y est associée à l’égard des personnes d’ascendance
africaine. Ce rapport pourrait aussi servir de document de référence pour mesurer les
progrès accomplis en vue de la réalisation des droits fondamentaux des personnes
d’ascendance africaine, comme requis par les obligations internationales en matière de
droits de l’homme, le Programme 2030 et la Décennie internationale des personnes
d’ascendance africaine (2015-2024). Mme Day a présenté les points saillants des
communications envoyées par plusieurs États Membres et organisations de la société civile,
et cité des exemples de données et de statistiques sur la composition de la population ; elle
a également donné des informations sur la situation en matière de droits de l’homme des
personnes d’ascendance africaine et sur les mesures prises pour remédier aux disparités
auxquelles elles faisaient face. Le Groupe de travail entendait continuer de demander aux
États Membres, à la société civile et à toutes les parties prenantes de présenter davantage de
communications afin d’étoffer le rapport proposé.
27.
Au cours du débat interactif, en réponse à une question de Ricardo A. Sunga III,
membre du Groupe de travail, M. Reid a précisé le rôle important que la Déclaration et le
Programme d’action de Durban, ainsi que la Convention internationale sur l’élimination de
toutes les formes de discrimination raciale, pouvaient jouer dans l’élaboration de
législations de lutte contre les stéréotypes raciaux. Il a également souligné qu’il importait
de revoir les programmes scolaires et les manuels d’enseignement afin qu’ils abordent
l’histoire de la colonisation, les atrocités commises par le passé et les apports des personnes
d’ascendance africaine à la société, et de créer des sites mémoriels liés à des faits de
discrimination raciale. Répondant à une question concernant le lien entre les stéréotypes
raciaux et le maintien de l’ordre, M. Reid a donné l’exemple du Stanford Open Policing
Project, qui avait passé en revue plus de 100 millions de contrôles routiers effectués entre
2011 et 2017 et en avait conclu que les stéréotypes raciaux et le profilage racial étaient au
cœur des opérations de police. À un représentant de la société civile qui s’interrogeait sur
les étapes à venir, M. Reid a indiqué que le projet de rapport serait publié en tant que
rapport du Groupe de travail à l’Assemblée générale en 2019. Se référant à la présentation
GE.19-13932
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