CRC/C/GC/24
k)
Les États parties devraient faire en sorte que rien n’incite à priver un enfant
de liberté et qu’il n’existe aucune possibilité de corruption en ce qui concerne le placement
de l’enfant, les biens et les services qui lui sont fournis ou les contacts avec sa famille.
G.
Questions spécifiques
Tribunaux militaires et cours de sûreté de l’État
96.
Selon une opinion qui commence à se faire jour, le jugement de civils par des
tribunaux militaires et des cours de sûreté de l’État est contraire au droit, non susceptible de
dérogation, de bénéficier d’un procès équitable devant une juridiction compétente,
indépendante et impartiale. Il s’agit d’une violation des droits encore plus préoccupante
lorsqu’elle concerne des enfants, car ceux-ci devraient toujours avoir affaire à des systèmes
de justice pour enfants spécialisés. Le Comité a exprimé ses préoccupations à cet égard
dans plusieurs observations finales.
Enfants enrôlés et utilisés par des groupes armés non étatiques,
y compris des groupes qualifiés de terroristes, et enfants inculpés
dans le contexte de la lutte contre le terrorisme
97.
L’Organisation des Nations Unies a constaté de nombreux cas d’enrôlement et
d’exploitation d’enfants par des groupes armés non étatiques, y compris des groupes
qualifiés de terroristes, non seulement dans des zones de conflit, mais aussi dans des zones
exemptes de conflits, dont les pays d’origine, de transit ou de renvoi des enfants.
98.
Lorsqu’ils sont sous le contrôle de ces groupes, les enfants peuvent être victimes de
diverses formes de violations, notamment : être soumis à la conscription ; suivre une
formation militaire ; être utilisés dans des hostilités ou des actes terroristes, y compris des
attentats-suicides ; être contraints de procéder à des exécutions ; être utilisés comme
boucliers humains ; être victimes d’enlèvement, de vente, de traite, d’exploitation sexuelle
ou de mariage d’enfants ; être utilisés pour le transport ou la vente de drogues ; ou être
exploités aux fins de l’exécution de tâches dangereuses telles que l’espionnage, les activités
de surveillance, la garde de postes de contr��le, les patrouilles ou le transport de matériel
militaire. Il a été signalé que des groupes armés non étatiques et des groupes qualifiés de
terroristes contraignent aussi des enfants à infliger des violences aux membres de leur
propre famille ou de leur propre communauté pour qu’ils fassent la preuve de leur loyauté
et soient dissuadés de toute défection à l’avenir.
99.
Les autorités des États parties font face à un certain nombre de difficultés
lorsqu’elles prennent en charge ces enfants. Certains États parties ont adopté une approche
répressive, qui ne prend pas en considération les droits de l’enfant ou les prend en
considération de manière limitée, ce qui a des conséquences durables pour le
développement de l’enfant et compromet ses chances de réinsertion sociale et, partant, peut
avoir de graves conséquences pour l’ensemble de la société. Souvent, ces enfants sont
arrêtés, détenus, poursuivis et jugés pour les actes qu’ils ont commis dans des zones de
conflit et aussi, dans une moindre mesure, dans leurs pays d’origine ou de renvoi.
100. Le Comité appelle l’attention des États parties sur la résolution 2427 (2018) du
Conseil de sécurité, dans laquelle le Conseil insiste sur la nécessité d’établir des
instructions permanentes pour le transfert rapide des enfants qui sont ou seraient associés à
des groupes armés non étatiques, y compris ceux qui ont commis des actes de terrorisme,
aux acteurs civils de la protection de l’enfance compétents. Le Conseil souligne que les
enfants qui ont été enrôlés, en violation du droit international applicable, par des forces
armées ou des groupes armés et ont été accusés d’avoir commis des crimes en temps de
conflit armé doivent être traités en premier lieu comme des victimes de violations du droit
international. De plus, le Conseil prie instamment les États Membres d’envisager, comme
mesures de substitution aux poursuites et à la détention, des mesures non judiciaires qui
mettent l’accent sur la réinsertion, et les engage à appliquer une procédure régulière pour
tous les enfants détenus au motif de leur association avec des forces armées ou des groupes
armés.
GE.19-15961
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