A/HRC/56/54 48. Peu de pays ont déclaré suivre les contributions des migrants et recueillir des données à ce sujet. Il est pourtant essentiel de le faire pour promouvoir un discours plus positif sur la migration qui repose sur des faits. Le Canada se distingue en ce qu’il s’efforce d’évaluer ce que les migrants apportent comme contribution, de suivre l’évolution de leur situation à l’aide d’une base de données spécialisée, et de recueillir des informations sur leur installation et leur intégration au moyen d’enquêtes50. V. Facteurs qui entravent les contributions des migrants à la société 49. Plusieurs facteurs entravent la capacité des migrants de contribuer à la société, ce qui porte atteinte à leurs droits et à leur dignité et prive les sociétés d’accueil de nombreuses possibilités. Les droits fondamentaux dont jouissent toutes les personnes sont énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. La Charte internationale des droits de l’homme, qui comprend la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ne fait la distinction entre ressortissants et non-ressortissants pour deux droits seulement, à savoir le droit de voter et de participer à la vie publique et le droit à la liberté de circulation dans un pays, avec des réserves strictes51. En dehors de ces exceptions très précises, l’intégralité du cadre international relatif aux droits de l’homme, y compris les huit conventions de l’OIT sur les principes et les droits fondamentaux au travail, s’applique à tous les migrants, indépendamment de leur statut. 50. Dans la pratique, pourtant, les droits humains des migrants, en particulier ceux qui appartiennent à certains groupes, sont bafoués. S’il importe d’offrir des protections particulières aux personnes qui y ont droit au titre d’instruments internationaux, notamment les réfugiés et les demandeurs d’asile, il importe tout autant de protéger les migrants qui n’ont pas droit au statut de réfugié, mais qui sont vulnérables en raison de la situation dans leur pays d’origine. Ces derniers sont souvent plus exposés aux violations des droits de l’homme et peuvent avoir besoin des protections prévues par le droit international des droits de l’homme même s’ils ne peuvent obtenir le statut officiel de réfugié52. A. Discrimination 51. Les migrants se heurtent souvent à la discrimination et à la xénophobie dans les pays de transit et de destination, ce qui limite leurs perspectives d’emploi, leur accès aux services et leur inclusion dans la société. Ils font face à une discrimination multiforme fondée sur l’âge, le sexe, l’origine ethnique et d’autres caractéristiques personnelles. Le risque augmente avec la pauvreté, et, certains groupes, comme les femmes, les personnes LGBTQI+, les personnes malades, les personnes handicapées, les personnes âgées et les enfants sont particulièrement vulnérables. La xénophobie aggrave ces difficultés53. À Cabo Verde, 58 % des migrants âgés de 15 ans ou plus estiment qu’il existe au moins une forme de discrimination dans le pays et 32,1 % y ont été directement confrontés54. B. Statut de migrant en situation irrégulière 52. Les migrants en situation irrégulière constatent souvent que leurs droits humains ne sont pas reconnus, ce qui nuit à leur sécurité, à leur dignité et à leur capacité de participer et de contribuer à la société. Contrôles aux frontières, renvois sommaires, détentions et expulsions, entre autres mesures, portent atteinte à leurs droits humains et conduisent 50 51 52 53 54 10 Communication du Canada. E/C.12/2017/1, par. 3, 5, 6 et 8. HCDH et Réseau des Nations Unies sur les migrations, Principes et lignes directrices, appuyés par des orientations pratiques, sur la protection des droits humains des personnes migrantes en situation de vulnérabilité (2018), p. 6. Ibid., p. 18. Communication de Cabo Verde. GE.24-07075

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