A/HRC/56/54 D. Demandeurs d’asile et réfugiés 61. En vertu des droits qui leur sont reconnus par le droit international, les demandeurs d’asile et les réfugiés sont protégés contre la persécution et ne peuvent être refoulés. Cependant, le renforcement des contrôles aux frontières a pour conséquence involontaire d’empêcher les demandeurs d’asile de suivre des itinéraires sûrs et de les forcer à recourir à des passeurs et à emprunter des voies dangereuses et irrégulières71. Ces voyages difficiles occasionnent souvent des traumatismes et des blessures physiques qui, ajoutés à ceux subis dans les pays d’origine, compromettent gravement la capacité des demandeurs d’asile de jouer un rôle dans la société. 62. Les demandeurs d’asile et les réfugiés se heurtent souvent à des incertitudes juridiques à cause des lois et des procédures administratives qui retardent ou compliquent leur régularisation, ce qui limite grandement leurs droits, leur accès aux services et leur capacité de travailler et de contribuer à la société 72 . Les femmes dont la situation juridique est incertaine courent souvent un risque accru d’exploitation par le travail, de violence au sein de la famille et de violence sexuelle. 63. La Serbie indique que, comme les cartes d’identité des réfugiés ne comportent pas de numéro unique d’enregistrement, de nombreux prestataires de service, comme les banques et les établissements de santé, ne les acceptent pas et refusent de fournir des services aux réfugiés. De plus, ces derniers ont des difficultés à obtenir des documents de voyage, ce qui limite leur capacité de se rendre à l’étranger pour des raisons professionnelles ou personnelles73. E. Accès au marché du travail 64. La contribution des migrants à l’économie dépend souvent de leur accès à un travail décent. Qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière, les migrants qui ne peuvent pas avoir un travail décent sont souvent mal payés ou payés en retard, voire ne sont pas payés du tout, bien qu’ils occupent des emplois essentiels pour lesquels la main-d’œuvre fait défaut. À niveau d’éducation égal, ils gagnent souvent moins que leurs homologues nationaux74. 65. Les difficultés d’obtention ou de renouvellement des permis de travail peuvent conduire les migrants à se retrouver en situation irrégulière ou au chômage ou les contraindre à travailler dans le secteur informel et, partant, accroître les risques d’exploitation75. 66. La non-reconnaissance des qualifications et des compétences étrangères empêche souvent les migrants de travailler dans les domaines dans lesquels ils ont été formés, ce qui signifie qu’ils sont sous-employés et que leur potentiel n’est pas exploité. Les femmes ont plus de difficultés que les hommes à obtenir un permis de travail et à faire reconnaître leurs diplômes, ce qui entrave leur accès à l’indépendance financière et leur autonomie décisionnelle concernant leur existence et leur famille, et les ressources consacrées à la dimension de genre de la migration sont insuffisantes. Pour des raisons financières, de nombreuses agences de recrutement placent des femmes compétentes et très qualifiées dans des emplois domestiques et les découragent d’acquérir de nouvelles compétences ou de chercher un emploi plus qualifié dans d’autres secteurs. 67. Des obstacles juridiques et pratiques considérables compromettent l’exercice des droits des migrants à la liberté d’association et à la négociation collective. De plus, les contrats temporaires, les longues journées de travail, l’isolement des lieux de travail, la discrimination et les attitudes négatives à l’égard des migrants et la peur des représailles 71 72 73 74 75 GE.24-07075 Gallagher, « Exploitation in migration », p. 65 et 66. Voir Jean-Pierre Cassarino, Lorenzo Gabrielli et Delphine Perrin, Cooperation on Readmisssion in the Euro-Mediterranean Area and Beyond: Lessons Learned and Unlearned (Institut européen de la Méditerranée, 2023). Communication de la Serbie. Voir Silas Amo-Agyei, L’écart de rémunération affectant les migrants : comprendre les différences salariales entre migrants et nationaux (Genève, Bureau international du Travail, 2020). Communication de Cabo Verde. 13

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