A/HRC/56/54
économique et sociale positive, ils sont de plus en plus perçus comme une menace pour
la sécurité qui appelle des mesures de contrôle. De nombreux pays ont adopté des
politiques d’immigration sélective, renforçant ainsi l’idée selon laquelle il y a des
migrants « désirables » et des migrants « indésirables » et créant des inégalités
flagrantes dans l’accès à la migration régulière ; partout dans le monde, ce sont les
habitants des pays à faible revenu, en particulier des pays africains, qui ont le plus de
difficultés à bénéficier des avantages de la migration et à contribuer à la société en tant
que migrants. Cette situation aggrave les inégalités.
113. Le discours concernant les migrants, en particulier les migrants en situation
irrégulière et les demandeurs d’asile, est devenu hostile, déshumanisant et accusateur.
Des responsables politiques et des personnes influentes tirent profit des craintes pour
l’économie et attribuent à tort les pertes d’emploi ou les baisses de salaires à la
migration, alors que les faits suggèrent le contraire. En période de ralentissement de
l’activité économique, il est facile, mais trompeur et destructeur, de désigner les
migrants comme responsables. En agissant de la sorte, on détourne l’attention des
véritables questions de société qui nécessitent des mesures éclairées.
114. Les opérations de désinformation menées par l’extrême droite, qui se multiplient
de manière inquiétante, s’intensifient souvent avant les élections nationales et au
moment d’événements liés à la migration. Ces attaques malveillantes qui portent
atteinte aux migrants et à la cohésion sociale doivent cesser.
115. Malgré les avantages qu’ils peuvent apporter à la société, les migrants
rencontrent de nombreuses difficultés et sont victimes de multiples violations des droits
humains et, souvent, de discrimination et de xénophobie. Bien souvent, les migrants en
situation irrégulière sont exposés à des violations des droits humains, à des mauvais
traitements et à l’exploitation, travaillent dans de mauvaises conditions, n’ont pas accès
aux services sociaux et aux soins de santé et subissent des conditions de détention
déplorables. Les droits reconnus aux travailleurs temporaires jouent un rôle essentiel
s’agissant de l’accès au logement, à l’alimentation, aux soins de santé, à la sécurité
sociale, à la vie familiale et à la liberté d’association. Les demandeurs d’asile et les
réfugiés sont souvent traumatisés et blessés lorsqu’ils arrivent dans leur pays d’accueil,
ce qui les empêche de contribuer pleinement à la société. La complexité des démarches
juridiques et la lenteur des procédures bureaucratiques font souvent obstacle à
leur régularisation.
116. Les migrants se heurtent souvent à de grandes difficultés sur le marché du travail
et leurs conditions de travail sont mauvaises, alors qu’ils occupent des emplois essentiels
pour lesquels la main-d’œuvre fait défaut. Les difficultés d’obtention ou de
renouvellement des permis de travail les conduisent souvent à se retrouver en situation
irrégulière ou au chômage ou les contraignent à travailler dans le secteur informel, ce
qui accroît les risques d’exploitation. La non-reconnaissance des qualifications et des
compétences étrangères empêche souvent les migrants de travailler dans les domaines
dans lesquels ils ont été formés. Des obstacles juridiques et pratiques considérables les
empêchent également d’exercer leurs droits à la liberté d’association, à la négociation
collective et à la protection sociale et, de manière générale, leurs droits économiques,
sociaux et culturels.
117. Des gouvernements et des acteurs de la société civile ont fourni des informations
sur des initiatives visant à favoriser la contribution des migrants à la société.
Ces initiatives ont avant tout pour objectif de protéger les droits humains des migrants
et leurs droits liés au travail, quel que soit leur statut, et consistent à : appliquer des lois
et des politiques visant à lutter contre la discrimination ; adopter des stratégies visant
à réduire la migration financée par l’endettement, y compris de lois contre la traite des
êtres humains ; incorporer les normes internationales du travail dans le droit interne ;
donner des moyens d’action aux migrants en garantissant leurs droits à la liberté
d’association et à la négociation collective et leur participation à l’élaboration des
politiques ; veiller à ce que les migrants aient accès à des recours en cas de violations
des droits humains. Elles consistent également à développer les filières régulières et les
programmes de régularisation, à adopter des lois et des politiques d’intégration et à
mener des projets locaux, avec l’appui de la société civile et du secteur privé.
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GE.24-07075