A/HRC/RES/56/7
Conscient du rôle important que les entreprises, notamment celles du secteur des
technologies et des médias sociaux ont à jouer pour favoriser l’exercice du droit à la liberté
d’opinion et d’expression et l’accès à l’information, et rappelant que toutes les entreprises
sont tenues de respecter les droits de l’homme conformément aux Principes directeurs relatifs
aux entreprises et aux droits de l’homme : mise en œuvre du cadre de référence « protéger,
respecter et réparer » des Nations Unies, en ligne et hors ligne, notamment en appliquant des
politiques de diligence raisonnable en matière de droits de l’homme et en participant de bonne
foi aux processus judiciaires et autres au niveau national, et que c’est à l’État qu’il incombe
au premier chef de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés
fondamentales,
Condamnant les propos haineux, proférés en ligne et hors ligne, qui visent à
stigmatiser et à inciter à la violence, y compris politique, et qui pourrait constituer une
tentative de restreindre la participation réelle, inclusive et sûre des personnes, y compris des
femmes, des enfants et des personnes appartenant à des groupes vulnérables au racisme, à la
discrimination raciale, à la xénophobie et à l’intolérance qui y est associée, aux affaires
publiques, en particulier à la prise de décisions,
Rappelant que l’exercice du droit à la liberté d’expression comporte des devoirs
spéciaux et des responsabilités spéciales, comme prévu par l’article 19 (par. 3) du Pacte
international relatif aux droits civils et politiques,
Soulignant qu’il faut veiller à ce que les mesures prises aux fins du respect des droits
ou de la réputation d’autrui et de la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public et
de la santé publique, y compris les mesures de lutte contre le terrorisme, soient pleinement
compatibles avec les obligations internationales en matière de droits de l’homme, notamment
avec les principes de légalité, de légitimité, de nécessité et de proportionnalité, et soulignant
également qu’il faut protéger les droits de l’homme, y compris le droit à la liberté d’opinion
et d’expression et le droit à la vie privée, conformément aux obligations qu’impose le droit
international, et préserver les données personnelles,
1.
Réaffirme les droits énoncés dans le Pacte international relatif aux droits civils
et politiques, en particulier le droit à la liberté d’opinion et d’expression, qui comprend la
liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce,
sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique ou par
tout autre moyen de son choix, ainsi que les droits qui y sont intrinsèquement liés, à savoir le
droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction, les droits à la liberté
de réunion pacifique et à la liberté d’association, le droit de vote et le droit de prendre part à
la gestion des affaires publiques ;
2.
Réaffirme également que les droits dont les personnes jouissent hors ligne
doivent également être protégés en ligne, en particulier le droit à la liberté d’opinion et
d’expression ;
3.
Souligne qu’une société démocratique dépend du respect des droits de
l’homme, y compris le droit à la liberté d’opinion et d’expression, et que les restrictions
injustifiées à la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations portent
atteinte à la démocratie et à l’état de droit en ce qu’elles empêchent d’informer le public,
y compris au cours des processus démocratiques et à tous les stades des élections, d’amener
les autorités publiques à rendre compte de leurs actes et de dénoncer la corruption, et souligne
également qu’il importe de promouvoir un espace de l’information sûr et diverse offrant des
informations exactes, dignes de confiance et fiables, c’est-à-dire un environnement dans
lequel le public peut compter sur l’exactitude des informations qu’il consulte tout en étant en
contact avec une variété d’idées ;
4.
Constate toujours avec préoccupation que les violations du droit à la liberté
d’opinion et d’expression et les atteintes à ce droit se poursuivent, souvent en toute impunité,
et sont facilitées et aggravées par le recours abusif à l’état d’urgence ainsi que par la
surveillance et/ou l’interception illégales ou arbitraires des communications, notamment au
moyen de technologies de surveillance numérique ;
GE.24-12694
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