A/HRC/RES/57/18
Notant avec préoccupation que la violence familiale à l’égard des personnes âgées est
souvent négligée, que la méconnaissance du phénomène a de lourdes conséquences sur le
bien-être physique et mental de millions de personnes âgées partout dans le monde, que de
nombreuses femmes âgées ont fait l’objet de discrimination et de violence, y compris
familiale, tout au long de leur vie et que les dynamiques de pouvoir et de contrôle qui sont à
l’œuvre dans les violences familiales qui durent depuis longtemps sont exacerbées par les
inégalités liées à l’âge et la dépendance envers les aidants, ce qui compromet l’exercice de
leurs droits par les personnes âgées,
Insistant sur la nécessité d’éduquer les hommes et les garçons, de les faire pleinement
participer, en tant qu’agents et bénéficiaires du changement, à la réalisation de l’égalité des
sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles, et de les associer à la prévention et à
l’élimination de la violence familiale, et de veiller à ce que cette éducation et cette
participation soient essentiellement axées sur la lutte contre les relations de pouvoir inégales,
les stéréotypes liés au genre et les normes sociales néfastes telles que certaines
représentations de la masculinité, le sexisme et la misogynie, tout en étant conscient que les
hommes et les garçons peuvent eux aussi être victimes de la violence familiale,
Soulignant que la honte, la stigmatisation, la peur des représailles, la crainte d’être
séparée de leurs enfants, la dépendance psychologique et émotionnelle et les conséquences
économiques négatives (perte des moyens de subsistance ou une réduction des revenus du
ménage), ainsi que les contraintes et les attentes sociales, y compris celles des autorités
administratives et judiciaires chargées d’enquêter sur la violence familiale, empêchent les
victimes de cette forme de violence de fuir une relation abusive, de chercher à bénéficier de
soins de santé et de services d’aide sociale, de signaler les cas de violence dans la famille ou
de témoigner dans des affaires de ce type et de chercher à obtenir justice et réparation,
Rappelant que les États ont l’obligation, à tous les niveaux, de respecter, de protéger
et de réaliser l’ensemble des droits de l’homme et des libertés fondamentales de tous et toutes
et de faire tout leur possible pour prévenir la violence familiale, enquêter sur ces actes,
poursuivre leurs auteurs et les traduire en justice, mettre fin à l’impunité et garantir aux
victimes l’accès effectif à des recours utiles, et qu’ils devraient s’employer à protéger les
victimes de cette violence, notamment en veillant à faire respecter comme il se doit les
recours civils, les ordonnances de protection et les sanctions pénales et en mettant à
disposition des centres d’accueil, des services d’assistance psychosociale, de conseil et de
soins de santé − notamment de santé sexuelle et reproductive − ainsi que d’autres types de
services d’appui, par exemple de réparation, afin d’éviter toute nouvelle victimisation et de
favoriser la mise en place d’un environnement propice à l’autonomisation, toutes ces mesures
permettant aux personnes ayant subi des violences familiales de jouir de leurs droits humains
et de leurs libertés fondamentales,
1.
Souligne que la violence familiale est une question relevant des droits de
l’homme, un problème de société et une préoccupation publique et qu’il est essentiel que les
États s’acquittent de leur obligation de respecter, de protéger et de promouvoir les droits de
l’homme et les libertés de chacun et qu’ils prennent des mesures sérieuses pour prévenir et
éliminer la violence familiale et protéger les personnes qui y sont soumises, et réaffirme que
les États ne sauraient invoquer aucune coutume, tradition ou considération religieuse pour se
soustraire aux obligations que le droit international des droits de l’homme met à leur charge ;
2.
Condamne énergiquement la violence familiale et appelle à son élimination,
est conscient que ce phénomène empêche la pleine réalisation des droits de l’homme et des
libertés pour tous et compromet l’égalité des genres, et constate avec préoccupation que la
violence familiale est la forme de violence la plus répandue et la moins visible et qu’elle a
des répercussions durables et profondes sur de nombreux aspects de la vie des personnes qui
en font l’objet ;
3.
Engage tous les États à agir concrètement pour :
a)
Prévenir et éliminer la violence familiale à l’égard des femmes et des filles,
qui sont touchées de manière disproportionnée par cette forme de violence, en s’attachant en
particulier à abolir les pratiques et lois discriminatoires à leur égard, y compris, selon le cas,
les dispositions du droit civil, du droit pénal et du droit relatif au statut personnel régissant le
mariage et les relations familiales, à mettre fin aux pratiques néfastes, y compris au mariage
GE.24-18730
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