A/HRC/56/47 financement, y compris d’un fonds, permettant de faire face aux pertes et préjudices. Elle estime que le fonds devrait également servir au financement des réinstallations planifiées lorsque celles-ci s’imposent en tant que mesure de dernier recours et qu’aucune autre solution n’existe ou n’est possible. Dans le cadre d’un effort mondial, les États parties développés devraient financer le fond et montrer la voie en mobilisant des moyens de financement de l’action climatique, en tenant compte des besoins, des priorités et des stratégies des pays en développement. À terme, leur objectif devrait toutefois être de redoubler d’efforts pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre afin d’éviter les réinstallations inutiles. Cela vaut particulièrement pour les États dont la superficie est limitée, comme les Îles Marshall, qui sont tributaires des mesures prises au niveau mondial pour lutter contre les changements climatiques et du soutien des donateurs pour s’adapter à ces changements 47. Effets des réinstallations planifiées sur les droits de l’homme E. 36. Dans la section ci-après, la Rapporteuse spéciale s’appuie sur des exemples de réinstallation planifiée mentionnés dans les communications pour démontrer que, même si chaque cas est particulier, les personnes et les communautés relocalisées constatent trop souvent une dégradation de l’exercice de leurs droits fondamentaux et que, des années après la réinstallation, elles ne sont pas encore, pour nombre d’entre elles, totalement remises du préjudice qu��elles ont subi48. Elle met en évidence les répercussions qui lui ont été signalées dans les communications et lors des consultations, sans chercher à répertorier de manière exhaustive tous les droits dont l’exercice est compromis. 37. Face à l’éventualité d’une réinstallation, les communautés et leurs membres ont diverses réactions. Certains proposent d’eux-mêmes leur réinstallation et jouent un rôle de premier plan dans les opérations, comme cela a été le cas de la communauté autochtone Guna de Gardi Sugdub, au Panama49 ; d’autres, adoptant la pratique de l’« immobilité volontaire », préfèrent rester sur place malgré les catastrophes à répétition et les avantages que pourrait offrir une réinstallation sur le plan de la sécurité50. Par exemple, certaines communautés des Tonga, des Fidji et du Ghana, profondément attachées à leurs terres, préfèrent rester sur place 51 , tandis que d’autres communautés, au Bangladesh, en Colombie, en Inde, aux Philippines, au Viet Nam et en République démocratique du Congo craignent avant tout de perdre leurs moyens de subsistance52. D’autres encore ont changé d’avis au fil du temps. D’abord réticente à partir, la population d’El Bosque, au Tabasco (Mexique), a sollicité une aide à la réinstallation après avoir vainement tenté de lutter contre l’érosion du littoral et de s’adapter sur place à cette situation, et après avoir été déplacée à la suite de violentes tempêtes53. 38. Les réinstallations sont souvent tardives et peuvent, une fois qu’elles ont débuté, prendre des années. L’examen des cas soumis aux fins du présent rapport montre que certains retards importants s’expliqueraient par le temps nécessaire pour procéder à des évaluations techniques, repérer, négocier, acquérir et transférer des terrains appropriés, mobiliser des ressources financières suffisantes et construire les logements et les infrastructures 54 . Ces retards, dont certains ont purement et simplement empêché plusieurs réinstallations, 47 48 49 50 51 52 53 54 10 Communication des Îles Marshall. Beatriz Felipe Pérez et Alexandra Tomaselli, « Indigenous Peoples and climate-induced relocation in Latin America and the Caribbean: managed retreat as a tool or a threat? », Journal of Environmental Studies and Sciences, vol. 11, no 3 (2021). Communication de Human Rights Watch. Carol Farbotko et al., « Relocation planning must address voluntary immobility », Nature Climate Change, vol. 10, no 8 (2020), p. 702 à 704. Communication de l’Observatoire des situations de déplacement interne ; voir aussi Mumuni Abu et al., « Social consequences of planned relocation in response to sea level rise: impacts on anxiety, well-being, and perceived safety », Scientific Reports, vol. 14 (2024). Communications de l’International Centre for Climate Change and Development et de l’Observatoire des situations de déplacement interne ; voir aussi Organisation internationale pour les migrations, Planned Relocation in the Context of Environmental Change in Hoa Binh Province, Northern Viet Nam (2017). Communications de Juan Manuel Orozco Moreno et Claudia Fry, et du Mexique. Communication de l’Asia-Pacific Academic Network on Disaster Displacement. GE.24-11873

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